samedi 7 juin 2008

Des tablas dans ma bib

Nous, à la bibliothèque de Beaubreuil (Limoges), on aime bien la musique vivante. Surtout quand le musicien vient de Pondichéry (ça fait rêver, non ?), qu'il est un maître es-tablas et qu'il s'appelle Sree Debasish Dass - Pintoo pour les intimes. Nous le retrouverons pour un concert-rencontre le 18 juin à partir de 14 h 30.
Une bonne occasion pour fêter à la fois la musique et l'arrivée de l'été - euh, enfin, Pintoo on est à peu près sûrs qu'il sera là, mais l'été, on sait pas...


vendredi 6 juin 2008

Fauteuil à bouquins


J'adore déliredelart, le blog d'Alexia Guggémos, la créatrice du premier musée virtuel du sourire. Aujourd'hui, elle a déniché LE fauteuil que je voudrais, conçu par le designer allemand Nils Holger Moormann. Un peu cher, certes (2700 €).

Moche, encombrante et violente

##*@!!!#&!! La garce, elle m'a encore eue ! Je passais sans la regarder et elle m'a filé un vilain coup en haut de la cuisse, cette sournoise ! En plus, qu'est-ce qu'elle est moche, là, au centre de l'espace adultes ! Aussi avenante qu'un poing américain ! Et elle en prend, de la place, elle s'étale ! Non seulement elle est vilaine, mais on ne voit qu'elle ! Que je la hais, cette banque de prêt malcommode ! On dirait que lorsque la bibliothèque a été construite, on a d'abord installé la bibliothécaire sur un siège, puis on a construit la banque de prêt autour d'elle pour la protéger, avant de bâtir la bibliothèque autour de la banque de prêt au centre de laquelle trônait la bibliothécaire ! Et on l'a voulue agressive (la banque de prêt, pas la bibliothécaire...), violente même, dessinée comme un cercle avec des arêtes ! Ah, fallait y penser, quelque chose qui semble rond mais qui en fait est pointu !
Mais je me vengerai ! Elle va mal finir, cette mocheté...

jeudi 5 juin 2008

monde gialat... frozen people...

oc
quò deu esser ‘n’estranha sensacion de veser quò-‘qui, segur…
Aime beucòp la reaccion dau monde que borren dins las mans a la fin, mai los comentaris…

fr
Ça doit être une étrange sensation d’assister à ça, c’est sur…
J’aime beaucoup la réaction des gens qui applaudissent à la fin, et leurs commentaires…

aqui

Pour un anniversaire


Pour préparer les festivités du 10ème anniversaire de la belle bibliothèque du centre ville, nous avons été invités à enregistrer de courts extraits de livres que nous aimons, de rencontres, de musique, de films, qui seront ensuite retravaillés par un artiste en vue d'une installation.
J'ai choisi :
- les 30 premières secondes du "métèque" de Joeystarr,
- quelques paroles d'une rencontre avec le philosophe François Jullien et son éditeur du Seuil, Thierry Marchaisse,
- un extrait du très beau texte de Lydie Salvayre Le vif du vivant, publié aux éditions Cercle d'Art en 2001, accompagné de dessins extraits des carnets de Picasso datés de 1964.

"A Picasso, les corps suffisent. Les corps pour ce qu'ils sont. Et sans le secours de ces lectures ajoutées que certains font encore entre leurs lignes. Assez, de lire entre les lignes. Assez. Assez des sous-entendus et des arrière-mondes. D'autant que Dieu est dans la merde, comme le chantait Ravachol avant qu'il ne soit raccourci.
A Picasso les corps suffisent ainsi que les objets les plus triviaux et les plus pauvres qui entrent en leur contact et dont on peut tirer des visions de merveille.
Voilà, tout est là, déclarera Cézanne à ses invités médusés en posant sur la table une cruche grossière.
Voilà, tout est là. Car la réalité, écrira le pauvre Antonin Artaud, est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité.
Redire. A Picasso les corps suffisent. Il les aime. Ils le comblent. Les corps, tous les corps lui semblent des chefs-d'oeuvre. Ils sont le lieu de la peinture, qu'elle les figure ou pas, là n'est pas la question. Et il suffit qu'il les dessine pour que l'infini à lui se révèle. Car les corps sont infinis. Et l'on peut infiniment les découvrir, infiniment chercher le ciel qu'ils cèlent, infiniment apprendre leur grammaire, comme déjà l'exhortait Quintilien. Infiniment, voluptueusement."

Manga à la bibliothèque de Limoges









Face au débat sur l'ouverture des bibliothèques, la bibliothèque de Beaubreuil à Limoges a décidé d'ouvrir 2 heures supplémentaires le mercredi 11 juin!
A cette occasion, la bibliothèque accueillera Patrick Gaumer, critique et journaliste de bande dessinée, pour une rencontre autour du manga et de ses spécificités.
Si vous êtes dans les environs, rendez-vous à la Bfm Beaubreuil de 18h30 à 20h30.

mercredi 4 juin 2008

Horaires de fermeture

Il est souvent très utile d'observer le réel par en-dessous, de le banlever* pour voir sa face cachée.

Prenons le cas des bibliothèques publiques, par exemple. On s'interroge beaucoup sur leurs horaires d'ouverture, que l'on dit insuffisants ; mais on se pose peu de questions sur leurs horaires de fermeture. Voici ceux de ma bibliothèque de quartier :
- lundi : de 0 h à 24 h,
- mardi : de 0 h à 14 h, de 18 h 30 à 24 h,
- mercredi : de 0 h à 10 h, de 12 h à 14 h, de 18 h 30 à 24 h,
- jeudi : de 0 h à 14 h, de 18 h 30 à 24 h,
- vendredi : de 0 h à 14 h, de 18 h 30 à 24 h,
- samedi : de 0 h à 10 h, de 12 h à 14 h, de 18 h à 24 h,
- dimanche : de 0 h à 24 h,
soit un total de 142 heures de fermeture par semaine, qui permettent à nos usagers biblio-addicts de faire tout autre chose que se livrer à leur vice.

Je sens que la bibliothéconomie farfelue vient de faire un pas décisif !


* banlever : verbe que l'on rencontre en patois de basse-Corrèze - je ne sais pas s'il existe en occitan distingué, il faudra interroger Gaucelm. Signifie tout simplement renverser, faire basculer. La langue française devrait l'adopter.

mardi 3 juin 2008

Projets d'avenir

Yassin (10 ans et demi) : "Oim, quand chrai grand, j'veux êt' caillera"

Nannybib : "Ce n'est peut-être pas une très bonne idée. Si tu veux, on regarde ensemble des livres sur les métiers"

Ouvrez !

Panneau sur la devanture d'un boutiquou, dans un joli petit village du nord du Lot :

Fermé pour cause de

POUR CAUSE
QUE CA VOUS REGARDE PAS !!!!!!

J'ai pensé aux bibliothèques...

lundi 2 juin 2008

Aimer, oublier, retrouver

Joie de retrouvailles avec un roman que j'avais lu, aimé, conseillé comme LE livre à lire début 2005, puis qui avait tout à fait disparu de ma mémoire, emporté sans doute par des ciels trop variables : La théorie des nuages de Stéphane Audeguy (Gallimard). Bonheur de travailler en bibliothèque : il était bien en évidence avec les livres rapportés samedi, prêt à repartir vers une autre annexe... Je l'ai donc redécouvert, intact, comme si c'était la première fois - un peu honteuse tout de même de cet oubli. Et je le re-aime.

Virginie Latour est bibliothécaire. Elle est recrutée par Akira Kumo, grand couturier japonais parisien, avec pour mission d'inventorier, mettre en ordre et cataloguer sa collection d'ouvrages et documents de toutes sortes consacrés exclusivement aux nuages. Puis il la charge de se procurer un mystérieux "protocole Abercombrie", récit de voyage datant de la fin du 19ème siècle, détenu par l'héritier de son auteur, un savant fou de nuages. Au fil du roman, on découvre des peintres de nuages, des théoriciens de la pluie et du beau temps, des chasseurs de nuages, les premiers météorologues, mais aussi quelques nuages peu sympathiques comme celui d'Hiroshima auquel Akira a survécu.

Il m'a été difficile de sélectionner un seul extrait ; chaque moment de ce livre m'enchante...

Leur rencontre
"Le premier jour, Virginie s'est aperçue brusquement qu'un homme se tenait à sa droite. Elle s'est tournée vers lui et lui a souri. Un homme petit, très sec, presque décharné, qui se meut avec une élégance tranquille et des lenteurs d'iguane. Presque sans autre forme de procès, il s'est mis à lui parler. Il a dit que, pour ranger sa bibliothèque, il convenait de comprendre à quoi exactement elle est consacrée. Les coups de foudre existent en amitié plus souvent, plus sûrement qu'en amour. Virginie Latour aime immédiatement cette voix douce et boisée, légèrement flottante ; Akira Kumo n'a cessé de parler, de Londres et des nuages, d'un certain Luke Howard.
La semaine suivante, Akira Kumo l'attendait en haut. Virginie Latour se demande s'ils ne devraient pas commencer le classement. Mais il semble que le vieil homme ne soit pas pressé."

Un peintre de nuages
"Pendant des heures, Carmichael attend. Il n'attend évidemment pas, bêtement, l'inspiration ; il n'attend pas davantage une belle disposition des nuages, car toutes les dispositions de nuages, à qui sait les contempler, sont également intéressantes. Il attend simplement que la peinture se lève en lui comme une turbulence, qu'elle se forme imperceptiblement, justement comme font les nuages, il attend qu'elle s'agrège à travers tout son corps, pour qu'enfin la beauté du ciel imprègne le papier. Carmichael attend, comme si lui-même était un nuage. Alors seulement, il peint."

Stéphane Audeguy a publié aussi, toujours chez Gallimard
- Fils unique, une biographie romancée de François Rousseau, frère aîné de Jean-Jacques (2006)
- Petit éloge de la douceur (2007)
- Les monstres : si loin et si proches (2007)