vendredi 13 juin 2008

Public 0.0 ?


Le congrès de l'ABF, les bibliothèques 2.0, c'est bien, mais il y a une vie outside.
Lionel est le jeune patron assez branché d'un petit restau espagnol sympa à proximité du Centre des congrès de Reims. Les médiathèques modernes, il n'aime pas trop : trop carrées (il dessine un cube dans l'espace), elles se ressemblent toutes et manquent de charme à son goût. Lui, ce qu'il aime à Reims, c'est la bibliothèque Carnegie avec ses vieux livres ("il y en a même qui sont épuisés"), ses vieux bâtiments, le silence. Nostalgie d'un lieu rêvé, magique. La vraie bib à l'ancienne, quoi ! Je ne lui ai pas demandé s'il préférait aussi les vieilles bibliothécaires, ni s'il regrettait l'époque où les bibliothèques étaient interdites aux chiens et aux enfants...
Il me raconte une histoire de blonde. Une blonde, donc, entre dans une bibliothèque et demande à la (la, bien sûr) bibliothécaire : "Un Big Mac, une frite et un Coca". La bibliothécaire : "Voyons, Mademoiselle, c'est une bibliothèque, ici !" La blonde chuchote : "Bonjour Madame, je voudrais un Big Mac, une frite et un Coca, s'il vous plait". Que ceux qui la connaissaient déjà m'excusent, mais elle m'a fait rire.

jeudi 12 juin 2008

Bon appétit

Inauguration du congrès de l'ABF.
Discours officiels, remerciements, remerciements, remerciements, etc...
Alexandre Steyer, Recteur de l'Académie de Reims : "Les bibliothécaires sont les diététiciens de l'information".
Voici donc le menu que je préconise : en entrée, foie gras de canard avec toasts grillés (évitez le pain de mie, ça ressemble à rien, choisissez plutôt du bon vrai pain de campagne qui sent bon quand il grille) ; ensuite, magret de canard accompagné de pommes de terre à la sarladaise et de salade verte croquante à l'oignon nouveau ; fromage de chèvre qui pue à assaisonner d'ail nouveau ; en dessert, ce que vous voulez. Sur le plan diététique, c'est parfait, tout individu normalement constitué doit pouvoir adapter ce menu à ses besoins : normalement, nous avons dans le cerveau des indicateurs de satiété ; s'ils ne fonctionnent pas, cela relève de la médecine, pas de la bibliothéconomie
Surtout, évitez l'allégé, tant sur le plan culinaire qu'au niveau littéraire, musical ou cinématographique.

mercredi 11 juin 2008

Visites

Paris est parfois une ville assez mystérieuse. Exemple : j'ai fait deux fois le tour complet du cimetière de Montmartre, sans trouver l'entrée. C'est fou, ça ! Je vois plusieurs explications possibles :
- soit je suis nouille au point de ne pas repérer quelque chose qui ressemblerait à une porte - oh non, tout de même !
- soit y'avait une caméra cachée et on va se moquer de moi à la télé
- soit il a fallu entourer les morts de hauts murs pour une raison que j'ignore. Si c'est le cas, c'est plutôt inquiétant, non ? Ouïe ouïe ouïe, j'ose pas y penser !!!
- soit ce cimetière est réservé aux sportifs capables d'escalader comme qui rigole un mur d'enceinte de plusieurs mètres
- soit les plus hautes autorités considèrent que les vivants ont autre chose à faire que se balader dans un cimetière.

Je me suis consolée avec le Père Lachaise, dont j'ai trouvé l'entrée sans difficulté. Mais... je n'ai pas trouvé ce que je cherchais. Sans vouloir critiquer, je trouve ce cimetière assez mal rangé, ce qui ne facilite pas la recherche.

Au fil de mes randonnées parisiennes, j'ai rencontré deux très jolis noms que je suggère comme pseudonymes à ceux qui voudraient sortir un jour de la secte des anonymes zanonymes qui passent sur les biblioblogs et souhaitent y laisser des traces :
- Hégésippe Moreau (rue du 18ème arrondissement),
- Thinelle de Beurville (tombeau au Père Lachaise).
C'est tout de même plus classe que "anonyme", non ? Et le panache, bordel !

Arts & Littératures 2008 - Roussac



tot lo programa aqui

SPAMS

Oc
Quante ai doas minutas per zo far, me platz de legir los titres daus spams que reçaube chasque jorn sus mas boitias mail (pas tots, que me ne’n manden ‘na centenat per jorn)… Los deibre pas, de segur, pr’amor qu’ai pas dau tot enveja de varonar mon PC, mas nonmas legir los titres… Los puiridors dau Net se carculen força per nos trobar de titres ‘crochadors, mas finalament son sovent risoliers… I’a dos temes que tornen dins los tres quarts daus spams : lo business e la sex size
Lo spam dau jorn : African Bushmen reveal genital growth mysteries

Fr
Quand j’ai deux minutes pour le faire, j’aime bien lire les titres des spams que je reçois chaque jour sur mes boites mail (enfin, pas tous, car ils m’en envoient une centaine par jour)… Je ne les ouvre pas, bien sur, car je n’ai pas envie de véroler mon PC, mais seulement lire les titres… Les pourrisseurs du Net réfléchissent dur pour nous trouver des titres accrocheurs, mais finalement ils sont souvent drôles… Il y a deux thèmes qui reviennent dans les trois quarts des spams : le business et la sex size
Le spam du jour : African Bushmen reveal genital growth mysteries

mardi 10 juin 2008

Parce que je le vaux bien...

Paris est une ville incroyable. Je marchais tranquillement vers le cimetière Montparnasse, lorsqu'un inconnu qui portait un bouquet de fleurs s'est approché de moi et m'a dit : "Ma copine vient de me larguer, si vous voulez ces fleurs, je vous les offre". Non, dingue, presque comme dans la pub ! J'hésitais entre le oui et le non, mais il m'a flanqué le bouquet dans la main... et il a filé. Je n'ai même pas eu le temps de lui dire "parce que je le vaux bien" en ondulant du cheveu et dodelinant des hanches, comme dans la pub, que l'inconnu avait disparu !
Bon ben, les fleurs, c'est bien beau, mais je ne sais trop qu'en faire, étant seulement de passage dans la capitale. Les offrir à un inconnu ? Mais les inconnus, il y en a des millions dans cette ville ! Alors lequel ?

lundi 9 juin 2008

Promenade

Comme le dit fort bien Alexia Guggemos sur son blog Déliredelart, lorsqu'on entre dans la nef du Grand Palais pour voir l'oeuvre de Richard Serra "Promenade" (Monumenta 2008, jusqu'à dimanche prochain), on a tout d'abord l'impression qu'il n'y a rien sous la verrière. Ce rien génial, d'un poids total de 75 tonnes, ce sont cinq plaques d'acier dressées vers le ciel comme pour capter la lumière et en jouer, épaisses de 13,8 centimètres, hautes de 17 mètres et larges de 4 mètres. Et ce rien, ces plaques rectangulaires, on peut rester des heures à les contempler, à se promener entre elles, avancer, reculer, les contourner, s'éloigner, regarder les autres promeneurs avancer, reculer, tourner autour, s'éloigner. Par leur monumentalité et leur simplicité, leur évidence, elles modifient les unités de mesure ordinaires. Elles en deviennent musicales. On peut s'amuser à en faire disparaître une, deux, trois, quatre, les décaler pour voir apparaître comme un chemin du milieu, s'approcher pour voir leur sommet se courber - j'ai beau savoir que c'est une illusion d'optique, l'expérience est étonnante. J'aurais juste aimé un énorme orage sur la verrière pendant cette "promenade", malheureusement il a fait beau.

Ces plaques ont été fondues dans la loire, à l'usine Industeel - Arcelor Mittal. Il a fallu dix jours pour les transporter. L'oeuvre à vendre, à moins qu'elle n'ait déjà trouvé un acquéreur haut de plafond et solide de plancher.

Lien

dimanche 8 juin 2008

Partir

Encore un train. Des hôtels. La pluie.
Il paraît que l'âme voyage moins vite que le corps. L'intranquillité est là : s'éloigner de soi-même.
Le train force le brouillard. Je deviens brume, je bruis. Les mots cherchent leur chemin, je les laisse aller.
Naï naï, choun choun, der der, je m'endors.

samedi 7 juin 2008

Les séjourneurs

Nous avons, parmi nos lecteurs réguliers, une vieille qui pète. Ne riez pas, c'est un réel problème car elle est capable à elle toute seule de vider la salle adultes (sauf les pauvres bibliothécaires qui, eux, sont obligés de rester). Et ce n'est pas tout ! Non seulement elle pète et ça pue, mais elle écrit sur les livres et sur les périodiques - elle "corrige les fautes". Et lorsqu'elle est prise sur le fait, puisqu'elle fait ça sur place, elle hurle que VRAIMENT PERSONNE N'AIME LES LITTERAIRES!!!!

Visite guidée


Ramdane a 11 ans, il est intelligent et il a le plus beau sourire du monde. Il veut devenir médecin. Il vient à la bibliothèque de son quartier presque tous les jours, mais n'a jamais vu celle du centre ville, beaucoup plus grande, plus belle. Je l'ai donc amené en visite là-bas : un peu plus d'une heure de bus aller-retour à discuter de choses et d'autres, une heure pour lui montrer les lieux, les fonds (même ceux que le public ne voit pas), la tapisserie de Rachid Koraichi, la mosaïque du 1er siècle,... Et surtout - ce qu'il attendait le plus - les fonds mangas et DVD fantastique.

Il a été un peu déçu : tout ce qui l'intéressait était déjà emprunté, et la bibliothèque ne ressemble pas du tout à ce qu'il imaginait ; il la voyait comme ça, mais ce sont les halles (ci-dessus), alors qu'elle est plutôt comme ci (à gauche).