lundi 22 septembre 2008

Facéties

Les moteurs de recherche sont bien facétieux... Quelques exemples récents de mots-clés qui ont permis d'arriver jusqu'au Bibwebzine :

- site d'offres d'emploi pour femmes voilées
- se débarrasser livres scolaires périmés
- recensement rénové (maire or collectivité)
- pulizer piece stepped elevation
- lion de sibérie
- joyeux anniversaire en patois corrézien
- cache cache horaires fermeture.

C'est frais ! J'aime bien. Un rien m'amuse.

dimanche 21 septembre 2008

Métier risqué

"Ils vont arrêter la bibliothécaire Juana Capdevielle. Son mari, ils l'ont déjà fusillé le 25 juillet et, à elle également, ils ont envoyé les mouches de la mort. Elle a perdu l'enfant qu'elle portait dans son ventre. Et cette nuit c'est son tour. Ca fait plusieurs fois qu'ils ont failli la tuer. Mais c'est un ordre qui doit absolument venir d'en haut, de ce qu'on appelle le Tribunal Invisible de la délégation à l'Ordre Public, présidée par Gonzalez Vallès. Cet après-midi, la fille de monsieur Vallès sera la marraine de la rencontre amicale de football qui doit opposer une équipe de la Phalange à une autre constituée par l'équipage du bateau de guerre du Reich, au stade de Riazor. Ils iront la supprimer de bon matin, à la bibliothèque." (p. 143-144)

Manuel Rivas, L'Eclat dans l'Abîme : mémoires d'un autodafé (Gallimard, 2008)
Traduit de l'espagnol par Serge Mestre

samedi 20 septembre 2008

Signalétique d'interdiction


Toutes les bibliothèques ont maintenant une signalétique qui interdit ou limite l'usage des téléphones portables. Mais certaines sont un peu plus sévères...

J.

J., 14 ans, se peigne toujours soigneusement juste avant d'entrer à la bibliothèque. Il ignore que je le vois. Que je suis émue par ce geste que j'interprète comme une marque de respect pour le lieu.
- Bonjour Madame.
- Bonjour J., ça va ?
- Oui. Madame, vous avez quel âge ?
- Quel âge ?!? Pourquoi tu me demandes ça ?
- Parce que... On dirait que vous avez 26 ans.
- 26 ans ? Ah non, j'ai plus. Beaucoup plus !
- Mais votre tête... on dirait que vous avez une tête de 26 ans.
Yeux de velours. M... alors, il serait pas amoureux de la bibliothécaire ? Dans ce métier, il faut vraiment savoir faire face à toutes les situations.
- Madame, vous croyez que j'ai besoin de lunettes ?
- ... Je ne sais pas... Tu as des problèmes de vue ? Tu y vois mal ?
- Oui, quand je regarde, il faut que j'approche très près, comme ça.
- Alors, il est possible que tu sois myope. Cela doit te gêner à l'école, non ? Tu y vas, à l'école ? Tu sais lire et écrire ?
- Oui, j'y vais deux fois par semaine. Mais pas toujours. Je sais un peu écrire.
- Tu as vu un ophtalmo, pour tes yeux ?
- Non, j'veux pas y aller. Mes parents veulent, mais moi j'veux pas.
- Ben pourquoi ?
- Mon cousin en a, des lunettes, et tout le monde se moque de lui.
- Tout le monde se moque ? C'est malin, ça ! Tu sais, quand on y voit mal, les lunettes ça rend la vie plus facile, c'est un vrai confort.
- Mon cousin, tout le monde dit qu'avec ses lunettes il ressemble à un intello. Madame, vous avez des livres sur les caravanes modernes ?

vendredi 19 septembre 2008

Ville

Lorsqu'on essaie de tout verrouiller, il y a toujours des choses qui échappent. Vu sur une porte de bureau :



Service politique

de la ville de XXX



Il s'agit, on l'aura compris, du service "Politique de la ville".

jeudi 18 septembre 2008

Super Librarian




(si ce n'est pas moi, elle me ressemble beaucoup)

(trouvé sur le blog de Lionel Dujol)


Je suis venue te dire...

- Bonjour. Je suis venue pour vous dire que finalement je ne viens pas.
- Bonjour. ??...
- Oui, je suis là juste pour m'excuser, pour annuler mon inscription. Je voulais m'acheter un ordinateur, mais je suis sûre que je ne vais pas savoir m'en servir.
- Justement, cet atelier s'adresse aux débutants, à ceux qui ne connaissent rien aux ordinateurs. C'est votre cas, n'est-ce pas ?
- Oui, oui. Oh, je suis sûre que je n'y arriverai jamais ! Non, je préfère repartir.
- Puisque vous êtes là, pourquoi ne pas rester ? Pendant cet atelier, nous allons voir ce qu'est un ordinateur et comment on dialogue avec lui en utilisant la souris et le clavier. Avez-vous déjà cliqué, Madame ?
- Ouh la la, non, jamais !
- Alors là, Madame, il faut faire ça au moins une fois dans sa vie ! Vous verrez, on s'y fait très vite et ensuite on ne peut plus s'en passer !

- (sourire, enfin)
- Ceci dit, je ne vous oblige pas. C'est vous qui voyez.
- Et si je n'y arrive pas, je peux partir avant la fin ?

- (pas question, minette : je ferme la porte à clé, je t'attache à ta chaise et je te fais faire des trucs que t'imagines même pas. Tu vas adorer) Bien sûr, vous partez quand vous voulez. Vous n'êtes pas prisonnière !

mercredi 17 septembre 2008

Séniors cliqueurs

J'ai animé pour la première fois un atelier "découverte de l'ordinateur niveau 0" pour un public de séniors totalement néophytes - ça change des jeunes de banlieue, très doués pour découvrir par eux-même le fonctionnement des ordis... J'ai fait un peu le pitre pour les détendre, je leur ai fait faire de la gym des mains, je leur ai parlé (pas trop) des différentes parties qui composent un ordinateur. Pour les initier au maniement de la souris et du clavier, j'ai utilisé deux ressources ludiques concoctées par le Carrefour numérique de la Cité des Sciences : celle-ci et celle-là. Il est peut-être possible de trouver mieux, ou plus récent, mais les participants ont bien aimé les petits jeux : faire glisser des insectes dans des bocaux, attraper des lettres qui tombent du ciel... Au bout des deux heures ils avaient un peu progressé, mais avec ce type de public il faut vraiment aller lentement, respecter les rythmes individuels d'apprentissage. Ils ressentent ces ateliers comme un "club" où on apprend quelque chose, ce qui est plutôt sympa...

A cette occasion, je me suis rendue compte (ça, je n'avais pas prévu...) que notre matériel standard n'était pas vraiment adapté : il est difficile pour ceux qui ont des rhumatismes déformants d'utiliser une souris ou un clavier.

mardi 16 septembre 2008

Un nom à soi

Je suis avec un grand intérêt la discussion qui s'est engagée il y a quelques jours sur le blog de Daniel Bourrion à propos de bibliothécaires "1.0", "2.0" (et plus si affinités). Et je me demande pourquoi il est si difficile de bloguer sous sa véritable identité - ceci dit, je me souviens de mes débuts de blogueuse il y a quelques mois, où je n'arrivais même pas à écrire "je". Je me demande pourquoi les biblioblogueuses qui s'aventurent dans une réflexion sur leur métier (lorsqu'elles osent aller jusque là), qui ont envie de s'exprimer sur leur travail, sur ce qui leur pose problème, ce qui marche bien, ce qui pourrait aller mieux, ne veulent ou ne peuvent pas le faire ouvertement. Je dis biblioblogueuses, car nos collègues hommes semblent avoir plus de latitude (ou plus d'audace) pour poster en leur nom propre, alors que pour une femme cela relève vraiment de la transgression : "pour qui elle se prend, celle-là ?"

En tant que fonctionnaires, nous avons, certes, un devoir de réserve. Toutefois, nous ne travaillons pas pour la Grande Muette et n'avons donc aucune obligation de secret. Il est donc probable que je me dé-pseudonymise sous peu.

dimanche 14 septembre 2008

Carnet de terrain

Après un été de flottement et d'expérimentations diverses, la lecture de plusieurs billets de biblioblogueurs m'a confirmée dans le désir de tenir régulièrement un carnet consacré à mon métier de bibliothécaire "de terrain". Pour moi, Le Bibwebzine reprend donc du service sous cette forme-là. Désormais, plus de blog privessionnel, mais un blog professionnel (sous pseudonyme et sans citer le nom de la collectivité qui m'emploie - bonjour le numéro d'équilibriste !) ET un blog personnel pour le reste (sous un autre pseudo). J'évite d'ailleurs habituellement, autant que faire se peut, de mélanger ma vie privée et ma vie au travail.

J'aimerais que ce blog garde la dimension collective qu'il avait au départ - je ne sais d'ailleurs pas pourquoi Gaucelm et les autres n'ont rien écrit pendant mon absence. Je reste persuadée de la nécessité de porter, à plusieurs, divers points de vue individuels sur le réel, d'éclairer toutes ses facettes, et surtout de travailler ensemble au-delà des particularités statutaires et des distances géographiques. Il reste ouvert à d'autres contributeurs éventuels - je pense en particulier à des bibliothécaires qui n'ont pas encore leur propre blog mais qui voudraient faire leurs premiers pas. Si vous voulez devenir auteur ici, il vous suffit de m'écrire.

Parlant de "l'art de chercher", Bertrand Callenge écrit dans un billet récent (Métier d'arts) une phrase qui me semble décrire au mieux le coeur de ce qui rend nos questionnements stimulants. Cette phrase, je la fais mienne : "
A une question donnée s'impose désormais une sorte d'errance intuitive, d'autant plus efficace qu'elle se renouvelle constamment". Je ne vais pas disserter, mais je laisse mijoter lentement. Ecrire, c'est mettre en ordre, donner forme, débrouillonner ce qui est confus, retrouver son chemin après s'être attardé et égaré en route. J'en ai besoin et le blog, par sa souplesse et sa facilité d'utilisation, est pour moi un support idéal.

Reste la question des commentaires : ils font partie intégrante de la vie d'un blog, apportent des éclairages, des enrichissements, et sont donc les bienvenus. Pas question en revanche d'accepter ici les considérations lourdingues de trolls baveurs (ils peuvent amuser certains, mais pas moi) ; pas place non plus pour des propos racistes ou misogynes, ni pour des insultes ou des attaques personnelles. Qu'on se le dise.