jeudi 23 septembre 2010

Le bouillon, vous l'aimez comment ?



Le 29 septembre 2009 ce fut la naissance du Bouillon des Bibliobsédés, agrégation et redistribution de la veille d'une vingtaine de volontaires autour des thématiques de l'information documentation grâce à Lully.

Voilà maintenant un an que cette veille partagée fonctionne, il est temps de faire un bilan. Nous vous proposons donc de répondre à cette enquête en ligne destinée aux utilisateurs du bouillon et/ou du nectar. Elle a été réalisée de manière collaborative par les veilleurs grâce à l'excellent logiciel libre Limesurvey mis à disposition par Olivier Le Deuff, merci à lui. 

Nous avons souhaité cette enquête anonyme, pas trop longue et largement ouverte à vos suggestions, n'hésitez pas à vous y exprimer et soyez sûr que toutes vos remarques seront lues par les veilleurs ! Nous vous proposerons bien entendu tous les résultats dans les prochaines semaines. Merci d'avance pour vos réponses et n'hésitez pas à disséminer largement cette enquête pour que nous ayons le plus de réponses possibles !



(billet rédigé par l'indispensable Silvère et publié simultanément sur les blogs des veilleurs partageux)

dimanche 12 septembre 2010

Silence, la queue du chat balance, le coq chante, la poule danse

- Tu as pleuré ? Quelque chose ne va pas ?
- Nnnnon.
- Tu as une grosse larme, là. Elle est arrivée toute seule ?
- Non, c'est la dame, en haut, je parlais et elle a dit sshhhhhhhhhhhhhhhhhttttttttttt et j'ai eu peur.

samedi 11 septembre 2010

De A à Z

Les trois ours de Babelio ne manquent pas d'idées : ils viennent de lancer un challenge intitulé ABC critiques, qui va s'étendre sur une année complète (fin prévue le 11 septembre 2011) et qui donne bien envie de s'atteler à du travail supplémentaire. Travailler plus pour gagner rien, juste pour le plaisir de participer ;-)

Le principe est simple : 26 lettres de l'alphabet, 26 noms d'auteurs (un par lettre, sans oublier celles qui font un bon score au scrabble, comme le W ou le Z), 26 critiques à écrire en 12 mois.

J'aime bien l'idée. Allez, on se lance ?

 
 
   Voici ma liste provisoire d'auteurs (j'ai ajouté une lettre) :
A : Stéphane Audeguy
B : Russell Banks
Č : Karel Čapek
C : Claro
D : Gerard Donovan
E : Mathias Enard
F : Michael Frayn
G : Christian Gailly
H : Nancy Huston
I : Uzodinma Iweala
J : James Joyce
K : Franz Kafka
L :
M : Guy de Maupassant ou Iris Murdoch
N : Blake Nelson
O : Yoko Ogawa
P : Annie Proulx
Q : Laurent Quintreau
R : Antoni Casas Ros
S : Lydie Salvayre
T : Christophe Tarkos
U : Dubravka Ugresic
V : Mélanie Vincelette
W : Thomas Wharton
X : Xinran
Y : Hyam Yared
Z : Joachim Zelter


jeudi 9 septembre 2010

Moi,j'aime bien les biblioblogs

La biblioblogosphère, c'est grosse déprime en ce début d'automne. Comme si on n'avait plus rien à dire.
Moi, c'est pas pareil, je suis un peu feignasse, alors quand ça vient pas tout seul j'attends un peu et même parfois tout le temps qu'il faut. Pourtant, en ce qui concerne les bibliothèques, y'a comme une urgence.
Certains disent qu'après 40 c'est même pas la peine d'avoir été là avant, d'autres veulent nous faire travailler jusqu'à je ne sais plus combien, tellement trop que ça donne envie de partir cultiver son jardin et de faire autre chose et de décroître totalement. En tout cas, j'ai pas envie de déprimer avec.
Je ne mets même pas de liens, je me rattraperai une autre fois.

mardi 17 août 2010

Wannabee geek

"- OK, dit Muhammed avec soulagement. En réalité, j'ai tort de l'appeler geek. Les geeks, tout compte fait, ce ne sont pas des tarés. Au moins, ils vivent pour quelque chose, ils sont accros, cool, quoi. Votre... connaissance, Lee, c'était un wannabee geek. Un type qui s'occupe d'informatique, mais qui n'a ni les capacités ni l'endurance d'un authentique geek, et qui essaie quand même de se brancher en utilisant les buzzwords et les références du jour. (Il se racla la gorge). Beaucoup de gens pensent que les geeks sont des perdants, mais les vrais perdants, ce sont les wannabees, des bluffeurs, qui cherchent à se faire mousser - pas cool du tout.
- Mais il avait un boulot dans l'informatique, dit Jon. Il ne devait pas être si nul que ça.
- Pas besoin d'être geek pour travailler dans l'informatique, souligna Muhammed. Loin de là. Les wannabees peuvent être tout à fait compétents dans leur boulot. Les geeks, eux, sont plus difficiles à contrôler, ils veulent faire leurs trucs à eux et supportent mal qu'on leur dise comment faire leur travail.
Le terme "geek" avait longtemps servi à désigner les individus qui passent tout leur temps sur l'ordinateur, qui, de surcroît, sont négligés, mangent des pizzas, boivent du coca et ont des problèmes avec le sexe opposé. Sans que s'y associe de qualification spéciale, sinon que, forcément, un geek est capable d'un peu plus que de lancer un programme de traitement de texte. Le terme ne s'était que récemment étendu aux autres excentriques ou monomaniaques possédés par une passion, tels que les collectionneurs de timbres. Aujourd'hui, on pouvait donc parfaitement qualifier Luca et les clients de Libri di Luca de geeks des livres, même si eux-mêmes préféreraient sans doute être appelés bibliophiles.
Sa rencontre avec Muhammed avait cependant permis à Jon de revoir sa définition des geeks. Muhammed avait une allure soignée et était socialement adapté. Il avait un large cercle de connaissances et s'intéressait à beaucoup d'autres choses que les ordinateurs. Par ailleurs, étant né de parents turcs, il avait l'air autrement plus sain que le stéréotype du geek - un pâle teenager boutonneux et bigleux."

Mikkel Birkegaard, La librairie des ombres (Fleuve Noir, 2010). Traduit du danois par Inès Jorgensen

vendredi 2 juillet 2010

Un enfant bien élevé

(Clin d'oeil aux bibliothécaires chargé(e)s d'accueillir le très jeune public)

"Gargantua depuis les troys jusques à cinq ans feut nourry et institué en toute discipline convenente par le commandement de son pere, et celluy temps passa comme les petitz enfans du pays, c'est assavoir à boyre, manger, et dormir : à manger, dormir, et boyre : à dormir, boyre, et manger.
Toujours se vaultroit par les fanges, se mascaroyt le nez, se chauffouroit le visaige. Aculoyt ses souliers, baisloit souvent aux mousches, et couroit voulentiers aprés les parpaillons, desquelz son pere tenoit l'empire. Il pissoit sus ses souliers, il chyoit en sa chemise, il se mouschoyt à ses manches, il mourvoit dedans sa soupe. Et patroilloit par tout lieux, et beuvoit en sa pantoufle, et se frottoit ordinairement le ventre d'un panier. Ses dens aguysoit d'un sabot, ses mains lavoit de potaige, se peignoit d'un goubelet. Se asseoyt entre deux selles le cul à terre. Se couvroyt d'un sac mouillé. Beuvoyt en mangeant sa souppe. Mangeoyt sa fouace sans pain. Mordoyt en riant. Rioyt en mordent. Souvent crachoyt en bassin, pettoyt de gresse, pissoyt contre le soleil. Se cachoyt en l'eau pour la pluye. Battoyt à froid. Songeoyt creux. Faisoyt le succré. Escorchoyt le renard. Disoit la patenostre du cinge. Retournoit à ses moutons. Tournoyt les truies au foin. Battoyt le chien devant le lion. Mettoyt la charrette devant les beufz. Se grattoyt où ne luy demangeoyt poinct. Tiroit les vers du nez. Trop embrassoyt, et peu estraignoyt. Mangeoyt son pain blanc le premier. Ferroyt les cigalles. Se chatouilloyt pour se faire rire. (...) Ratissoyt le papier. Chaffouroyt le parchemin. Guaignoyt au pied. Tiroyt au chevrotin. Comptoyt sans son houste. Battoyt les buissons, sans prandre les ozillons. Croioyt que nues feussent pailles d'arain, et que vessies feussent lanternes. (...) Tous les matins escorchoyt le renard. Les petitz chiens de son pere mangeoient en son escuelle. Luy de mesme mangeoit avecques eux : il leurs mordoit les aureilles. Ilz luy graphinoient le nez. Il leurs souffloit au cul. Ilz luy leschoient les badigoinces."

La vie treshorrificque du grand Gargantua, père de Pantagruel, jadis composée par M. Alcofribas abstracteur de quinte essence in Rabelais, Oeuvres complètes (Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1994)

jeudi 17 juin 2010

Pas un jour sans veiller au bouillon

(billet mitonné par Silvère, à déguster aujourd'hui sur les blogs de veilleurs)


Une question se pose très souvent aujourd'hui : comment veiller à plusieurs au sein d'une communauté d'intérêt ? La réponse que nous proposons dans le domaine de l'information documentation s'appelle le Bouillon, elle est déclinée en Nectar (version allégée), elle est gratuite, associe 25 veilleurs qui propulseront tous les jours leurs trouvailles auprès de vous autour de ces 9 enjeux pour l'info-doc.

Au lieu de développer de nouvelles pratiques de veilles autour d'un outil ou d'une plateforme, nous avons choisi de nous appuyer sur de bonnes habitudes, c'est pourquoi les veilleurs du bouillon ont des fils rss de veille de provenance diverses (google reader, delicious, diigo, etc.) dont l'agrégation constitue le Bouillon. Nous avons le plaisir d'accueillir à partir aujourd'hui trois nouveaux veilleurs repérés et sélectionnés pour la qualité de leur veille et leur proximité avec les centres d'intérêts de la communauté de l'information documentation. Il s'agit de :
Les fils rss de ces veilleurs, aux côtés des autres veilleurs du Bouillon sont dès aujourd'hui intégrés au Bouillon. Chaque veilleur qui partage une information via le bouillon est identifié pour chaque chaque item partagé et ceux qui le sont plus de 2 fois sont automatiquement sélectionnés pour le Nectar. Tous les items sont dédoublonnés. L'ensemble ne constitue pas un site, mais un service, un flux qualifié accessible via fils rss, email, twitter ou facebook, le tout propulsé par le YahooPipes crée par Lully.




Nous faisons notre la devise inscrite sur le compte twitter de Christophe Deschamps : Un jour sans veille est un jour sans lendemain ! :-D Actuellement, plus de 1 300 personnes s'informent grâce au Bouillon, et vous ?
Au fait, vous avez identifié une communauté d'intérêt ? Vous êtes intéressés pour mettre en œuvre une démarche de veille collaborative similaire, tout comme les archiveilleurs l'ont fait ? Toutes les infos ici !

lundi 19 avril 2010

Un manuscrit


"Et puis il a eu cette soirée, cette horrible soirée où Madame Krühl a découvert le manuscrit de son mari et s'est rendu compte que l'oeuvre géniale ne comportait que trois pages. Le reste était entièrement constitué par une copie servile de l'annuaire du téléphone. (...)
Il avait dû cacher le vrai manuscrit dans un endroit inaccessible. Dans un arbre, peut-être. Dans son cèdre préféré, pourquoi pas ? Ou alors sous la terre, très profond. Un bon endroit pour cacher un livre, non ? Là il peut germer en silence, à l'abri des regards indiscrets, il peut grandir avec la sève dans les fleurs et dans les arbres, et même dans le ventre chaud et tendre des femmes. Il peut s'en aller avec le vent et faire gonfler les épis de blé. Il peut rejoindre les cascades, et remonter vers les sources, là-bas, très haut, près des glaciers, près du ciel gelé."

Jean-Pierre Martinet, La somnolence (Finitude, 2010)


Pour faire connaissance avec Jean-Pierre Martinet (décédé prématurément il y a quelques années et dont les éditions Finitude rééditent trois titres), une visite au site de l'éditeur est vivement conseillée. En ce qui me concerne, j'ai croisé ce livre par hasard sur une table de libraire, je découvre cet auteur et n'en reviens pas !

lundi 12 avril 2010

Entre ici et là-haut

Elles empruntent leurs noms à Edouard Glissant, Boris Vian, Guy de Maupassant ou Louis Aragon, Pierre Mendès-France, François Mitterrand ou Jacques Duclos. Elles, ce sont vingt-trois bibliothèques et médiathèques de Seine Saint-Denis.

Il s'appelle Michel Denancé, est photographe spécialisé en architecture ; on peut découvrir son travail sur son site.

Elle s'appelle Vesna Vulovic, est hôtesse de l'air, yougoslave, et chute de dix mille mètres d'altitude après l'explosion de son avion - du moins, on peut croire cela.

On l'appelle Claro, il est le traducteur de quelques-uns des auteurs anglo-saxons contemporains les plus audacieux (parmi lesquels Thomas Pynchon, William T. Vollmann, tout récemment Paul Verhaegen), il a publié une dizaine de fictions (Chair Electrique, Madman Bovary,...), il co-dirige la collection Lot 49 aux éditions du Cherche-Midi. On peut suivre ce surdoué de l'écriture sur son blog Le clavier cannibale - c'est aussi le titre de son recueil d'essais sur la littérature et la traduction publié l'année dernière aux éditions Inculte.

A l'occasion de l'édition 2010 de Hors limites, une manifestation organisée par l'Association des bibliothèques de Seine Saint-Denis, Claro et Michel Denancé ont croisé écritures et regards pour Mille milliards de milieux, publié par les éditions Le bec en l'air dans la collection "Collatéral".

Le photographe a centré son travail non pas sur les bibliothèques-médiathèques elles-mêmes, mais sur leur environnement immédiat, à moins de dix mètres des bâtiments. Ses images horizontales, à hauteur d'homme, frontales, neutres - on pourrait presque dire objectives, sans figures rhétoriques ni lyrisme - alternent au fil des pages avec le style foisonnant, ample, inventif de Claro en un texte qui dit la chute. "Nous n'avons pas résisté à la tentation de les assembler en une forme éditoriale décalée, qui aboutit par exemple à un sens de lecture du texte inversé pour renforcer l'idée de la descente et faciliter la lecture des images", précise l'éditeur.

Et c'est très réussi, on éprouve un vrai plaisir à naviguer entre texte et images, à découvrir avec surprise que telle photo de nature envahie de chèvrefeuille à l'automne naissant, oui, c'est bien Clichy-sous-Bois ; que ces architectures comme on n'en fait plus, oui, c'est Villetaneuse mais cela pourrait être ailleurs ; que ces rues, ces carrefours, ces décors publics qui semblent des instantanés surpris au vol dans une petite ville endormie des Deux-Sèvres, oui, c'est bien aussi la Seine Saint-Denis.

Et le texte de Claro se dévide, se détend, file, file au gré des pensées de l'hôtesse chutant entre ciel et terre, s'autorise des fantaisies typographiques en autant de clins d'oeil, comme ici :

j e
v a i s
p l u s
v i t e
q u e
l a
m o r t



Extrait du texte de Claro, en invitation à découvrir ce livre pour lequel j'ai un vrai coup de coeur :
"Un scientifique s'est amusé à calculer le temps qu'a duré ma chute, il savait mon poids, ça n'a pas été difficile mais le résultat auquel il a abouti, et dont je ne me souviens plus, ne m'a pas satisfaite. On m'a interrogée là-dessus et j'ai dit que le chiffre était peut-être correct mais l'unité fausse, il ne fallait pas compter en secondes mais en années. Ma chute a duré plusieurs années, même si personne ne me croit. Mais ce sont des années-ciel, très différentes des années-lumière et des années-mort, plus proches des années-amour, en fait."


Claro, Michel Denancé, Mille milliards de milieux (Le bec en l'air, 2010)


lundi 29 mars 2010

Bonnes nouvelles des bestioles

(Billet publié dans le cadre d'un partenariat tout neuf entre Alapage et Le bibwebzine)



Wouah, la trouille, ça grouille de bestioles dans le recueil de seize très courtes nouvelles de Yigit Bener fort justement intitulé Autres cauchemars, publié très récemment chez Actes Sud à l'occasion de la Saison de la Turquie en France (juillet 2009 - mars 2010) !

Toutes les petites bêtes que personne n'aime sont là, prêtes à sortir des pages qui les contiennent : insectes rampants, piquants, buzzants, zonzonnants, irritants, urtiquants, dégoûtants ; araignées, scorpion, bousiers, cafards, fourmis, mouches, moustiques, moucherons, j'en passe et des plus dégueulasses - ah, les états d'âme d'une femme visitée par un ver solitaire !

Rencontre avec quelques cafards pour vous mettre l'eau à la bouche (p. 82) :
"Des gros, des petits... gras, courts, longs... noirs comme charbon, marron clair ou foncé, des jaunes, des gris, des presque rouges. Des zébrés, des unis, tachetés sur le dos... Antennes séparées ou collées, à l'horizontale ou à la verticale, les antennes recourbées. Ailés, cuirassés, potelés, à l'abdomen bombé.
L'encyclopédie ne mentionne que trois espèces : l'américain, le germanique et l'oriental... Tromperie ! On voit bien que ça ne se limite pas à ceux qui élisent domicile dans les hammams ou les radiateurs, il y en avait sûrement d'origine indienne, mongole, japonaise, africaine, australienne, voire de la Rome antique... Sans oublier les espèces esquimaude, lapone ou même lettone !"

Toutes ces bestioles, elles font peur, et on adore l'ironie de l'auteur, on en redemande. Et puis, tout bien réfléchi, le monde des humains n'est guère plus attirant : sentiments vils et destructeurs, corps vêtus d'uniformes, jeux de pouvoir, médecin de la mort, tortionnaires plus ou moins volontaires d'innocentes grenouilles.

En fait, ces petites histoires sont extrêmement politiques et universelles. Qu'on en juge avec cet autre extrait (p. 87) :
"Un bon moustique est un moustique qui ne quitte jamais son marécage. Ceux qui sont entrés dans votre champ de vision sont des moustiques hostiles qui ont la ferme intention de vous piquer pour vous pomper le sang : il ne faut pas hésiter à les massacrer, Dieu reconnaîtra les siens !
Ceux qui pensent que je ne suis pas en harmonie avec la nature se trompent. En harmonie, mais chacun chez soi. Pourquoi pas ?
Le mélange des genres n'a jamais donné de bons résultats. De toute façon, la nature est faite comme ça. Faites le test, si vous voulez : mettez une gazelle et un lion ensemble, et voyez voir ce qui se passe !"

La légèreté de ton flirte avec la gravité dans ces nouvelles où la Turquie est très présente en arrière-plan doux-amer. Quelques notes de la traductrice balisent ce qui pourrait passer inaperçu aux yeux d'un lecteur non averti des réalités turques, comme l'article 301 du Code pénal relatif à "l'insulte à l'identité turque, à la République, aux institutions ou organes d'Etat" qui permet de sanctionner tout délit d'opinion.

Un seul bémol à mon enthousiasme : l'abus de points de suspension gêne un peu la lecture. Dommage !


Yigit Bener, Autres cauchemars (Actes Sud, 2010). Nouvelles traduites du turc par Célin Vuraler