jeudi 31 décembre 2009

mardi 29 décembre 2009

Lever le nez du guidon (12)

Retour au travail après un grand week-end.
Billet réjouissant ce matin au petit déj' sur le blog de Narvic,
Növovision : "Prédiction 2010 : marre de twitter, retour au blog".

Matinée :

- Messagerie, café
- Point sur l'état des troupes
- Poursuite du travail de désherbage des fictions ados
- Appel d'un calligraphe qui aimerait travailler avec nous (il avait déjà pris contact il y a quelque temps, il est un peu insistant mais c'est non ici pour 2010 car nous avons d'autres projets ; lui ai conseillé de se rapprocher de la responsable du réseau jeunesse).
- Découverte du site de Laurent Heller, graphiste et illustrateur lyonnais. J'aime beaucoup ce qu'il fait :-)

Après-midi :

- Prêt, inscriptions/réinscriptions
- Quelques incursions dans la salle jeunesse, où Zhor Tazi est revenue pour un après-midi conté.
Ahmed, acteur très doué, a raconté Ali Baba et les 40 voleurs - gros succès auprès des autres enfants
- Discussion avec des jeunes qui aimeraient pouvoir jouer à la Play Station à la bibliothèque. Ils proposent une réunion à laquelle ils sont prêts à assister, "même en costume-cravatte si vous voulez" :-))
- Discussion avec M., 13 ans, sur le point de passer en conseil de discipline (exclusion en vue), déjà condamné pour divers actes de délinquance. Puisque l'ouverture au dialogue est venue de lui, nous aurons sans doute encore pas mal de choses à nous dire. Une bibliothèque de proximité (lieu non scolaire, non familial) est sans doute le meilleur endroit du monde pour accueillir des jeunes border-line. Travail difficile, auquel je n'ai jamais été formée. Aventure, ouverture ; écouter, être adulte et pro.

Voilà, journée bien remplie. A demain !

vendredi 25 décembre 2009

Lever le nez du guidon (11)

Interlude (2)

Dialogue avec Amina, 4 ans

" Il y a une conteuse aujourd'hui, tu veux aller écouter des histoires ?
- Non, je veux jouer sur internet.
- Comme tu veux, tu n'es pas obligée. Tu peux aussi écouter les contes ET aller sur internet.
- ... J'peux y aller même si j'suis pas obligée ?"

jeudi 24 décembre 2009

Lever le nez du guidon (10)

Toute petite journée (matin RTT) avant une grande soirée.
Après-midi cyberbase + glandouille de bureau.
Vraiment pas le coeur ouvrier, aujourd'hui !



Joyeux Noël !



(cartes de voeux virtuelles à découvrir sur le blog Colombes philatélie)


mercredi 23 décembre 2009

Lever le nez du guidon (9)

Journée de travail riche et douce, tournée vers la jeunesse - ça avait pourtant failli mal commencer, avec un problème de poubelles de tri...

Matinée :

Désherbage fonds fiction ados avec les bibliothécaires jeunesse, occasion de "nettoyer le catalogue" et de faire en même temps un récolement. Un rajeunissement complet, en quelque sorte ;-)

Après-midi :

Section jeunesse, où Zhor Tazi est revenue raconter des histoires. Je voulais non pas un spectacle de contes au sens strict, mais de vraies rencontres, une proximité entre la conteuse et le public, et je suis comblée. Public très jeune, mais aussi quelques adolescents, un peu à distance mais très attentifs, et quelques adultes qui ont pris le temps de s'arrêter pour écouter. Deux petites filles ont raconté aussi des histoires, une a chanté. Au total, une bonne cinquantaine de personnes ont été touchées par cet après-midi conté. J'ai encore filmé et pris des photos. Fait un album photos sur Picasa, que je complèterai mardi et mercredi prochain.

Quelques passages à la cyberbase, pour libérer un peu le collègue qui remplace l'animateur en vacances. Là aussi, public très jeune. Plusieurs enfants ont partagé leur après-midi entre contes et internet, ce qui me réjouit fort.

Peu de temps aujourd'hui pour consulter mon agrégateur (à part ce matin au petit déj'), mais en ce moment les flux se calment un peu. Intérêt pour deux billets : "La génération post-micro" sur Le dernier des blog et "L'informatique va-t-elle se séparer de la culture numérique, voire de la Culture" sur Veille et analyse TICE.

mardi 22 décembre 2009

Lever le nez du guidon (8)

Ce soir, je suis assez contente : j'ai appris toute seule et sans trop de difficultés à faire quelque chose que je n'avais jamais fait :-).
Fil de ma journée :

Matinée :

- Messagerie (3 jours d'absence = une multitude de spams, mais aussi quelques mails importants, dont certains à transférer à l'équipe).
- Etat des forces présentes.
- Etat des absences dues aux intempéries de la fin de semaine dernière.
- Point sur le désherbage des fictions ados - ça avance bien bien bien !
- Rapide billet sur le blog des bibliothécaires, Bibs sur un tapis volant.
- Entretien annuel d'évaluation avec un agent de retour d'arrêt maladie.

Après-midi (pendant les petites vacances nous ouvrons au public de 13 h 30 à 18 h) :

Section jeunesse pour rencontre contée avec Zhor Tazi, passages dans les autres espaces pour inviter tout le monde à venir écouter des histoires, quelques incursions à la cyberbase, un peu de travail de bureau.
J'ai pris quelques photos et réalisé une petite vidéo, aussitôt traitées avec Picasa. J'ai ouvert un compte sur Youtube et y ai transféré la vidéo : "Zhor Tazi raconte Mon miel ma douceur". Et ça a marché ! La qualité n'est pas parfaite, l'image est vraiment un domaine que j'aimerais mieux explorer, mais je compte renouveler ce genre de travail qui permet de garder une trace de ce qui se passe de vivant à la bibliothèque.

A demain !

samedi 19 décembre 2009

Lever le nez du guidon (7)

Les caprices de la météo (en l'occurrence, un banal épisode neigeux conforme à la saison) ont parfois du bon : ils bouleversent toutes les habitudes et toutes les routines.

Neige, routes transformées en patinoires, dysfonctionnements ou mauvaise coordination des services de l'Etat, du Département et de la Ville ne m'ont pas permis aujourd'hui de me rendre à la bibliothèque de Beaubreuil et j'ai donc passé mon samedi à la Bfm centre ville où, avec quelques collègues, nous avons pu renforcer des équipes clairsemées.

Samedi un peu étrange, je dois dire. Qu'ai-je fait ?
- début de journée consacré à l'organisation du service avec les personnels présents, arrivés de façon perlée sans trop de bobos. Une collègue technicienne informatique est partie à 7 h du matin à pied, avec ses bâtons de marche, pour être là dès 9 h - ça se passe comme ça avec les informaticiens...
- 3 heures de service public (retour centralisé des documents)

- un peu plus d'une heure de lecture de mes flux RSS
- le reste du temps, communication avec mes anciens collègues, consultation des nouveautés, arpentage entre les rayons comme si je les découvrais pour la première fois. J'ai trouvé un DVD documentaire sur les Rroms, un livre consacré aux balades et randonnées dans le parc naturel du Plateau de Millevaches (pour moi, ce sera plutôt balades, il faut déjà préparer le printemps) et Livres pillées, lectures surveillées : les bibliothèques sous l'Occupation (Gallimard, 2008), dont j'avais oublié que je voulais le lire. Qu'est-ce qu'elle est formidable, cette bibliothèque !

Voilà. Fermeture anticipée (17 h au lieu de 18 h) car la neige tombe encore et les trottoirs ainsi que les axes routiers secondaires sont toujours difficilement praticables. On peut avoir une idée de la situation en consultant un article du quotidien régional, Le Populaire du centre : "La Préfecture assume sa gestion de l'épisode neigeux". J'espère que je vais arriver à glisser sportivement jusqu'à ma maison - dur dur, ça monte et surtout ça descend par endroits ;-((

A mardi !

mercredi 16 décembre 2009

Lever le nez du guidon (6)

Un mercredi ordinaire, même si les jours se suivent et ne se ressemblent guère.

Matin :
Réunion "contentieux" (problèmes particuliers DVD).

Prise de contact avec l'association Ma Camping 87 pour amélioration de l'accueil des gens du voyage à la bibliothèque (coordonnées trouvées sur le site de la fédération FNASAT Gens du voyage).

Discussion avec la responsable du pôle Arts Bfm centre ville : politiques d'acquisitions, transversalité, accueil de publics spécifiques.

Préparation et impression d'affichettes pour animation vacances de Noël avec Zhor Tazi. Trouvé une belle photo d'elle sur internet :





Après-midi :

13 h - 14 h :
Google Reader, Facebook.
14 h - 16 h 30 :
service public (accueil, prêt, inscriptions/réinscriptions).
Petit litige désagréable avec une lectrice (6 cartes pour la famille) habituée à rendre systématiquement tous ses documents très en retard et qui, m'a-t-elle dit, "n'a pas de leçons à recevoir", "ne peut pas les rendre plus tôt", "s'en fiche".
Echange difficile.
Encore de belles trouvailles dans mon agrégateur : "Vive les Moumines à la BnF" sur le blog des lecteurs de la BnF, "Les SIGB sont-ils ringards ?" sur Bibliobsession.
Découvert le BEMA, Bureau Export de la Musique africaine grâce à un billet sur le site du Centre d'Information et de Ressources pour les musiques actuelles.
Visité aussi, signalé par un collègue, A la recherche des sons perdus.

Fin de journée :
pot de départ d'un collègue du centre ville.

C'est tout pour aujourd'hui. Demain et après-demain je ne travaille pas, alors à samedi !

mardi 15 décembre 2009

Lever le nez du guidon (5)

Le week-end fut court et mardi, c'est bibli !

Matin
: réunion de direction.

Après-midi
:
2 h 30 de tâches administratives diverses.

2 h de service public à l'accueil : prêt, inscriptions/réinscriptions. Fin de journée calme, mais belle quantité de prêts de CD et de DVD (supports pas morts...).
J'ai pu fouiller dans mon agrégateur. Bonne pioche, trois belles trouvailles aujourd'hui : "Que la lecture s'expose" sur Le Tiers Livre (blog de François Bon) ; "15 pavés cultes qui ont pesé sur les années 2000" sur Fluctuat.net (j'ai un petit faible pour les gros pavés, mais ne trouve pas toujours un temps suffisamment long pour les lire) ; Abracadabibliothesque, tout nouveau blog d'un étudiant en IUT métiers du livre à Aix-en-Provence avec en guise de premier billet "Une rétention tertiaire...", très très intéressant compte rendu annoté de la conférence de Bernard Stiegler sur "les grammatisations du lecteur" lors du colloque "Les métamorphoses du livre numérique".

18 h, un peu froid, la bibliothèque se vide. Fin de partie dans une demi-heure. A demain !

dimanche 13 décembre 2009

Lever le nez du guidon (4)

Interlude (1)

Cyberbase. R., 5 ans :
"Madame, tu joues !!!?!
- Oui. Et toi, tu aimes bien jouer ?
- Oui. Mais toi t'es la directrice !!! C'est quoi comme jeu, un jeu de bagarre ?
- Non. Regarde, j'ai une ferme avec des animaux, une jolie maison en bois, des arbres qui donnent des fruits, je fais pousser des fleurs, j'ai des animaux. J'ai même adopté un vilain petit canard qui s'est transformé en cygne.
- Tu te bats pas ?
- Non, j'ai des voisins, ils m'aident, ils me font des cadeaux, je leur fais des cadeaux aussi et je les aide.
- Qu'est-ce qu'y a marqué, là ?
- C'est en anglais. Y'a marqué "Voulez-vous partager ce beau bouquet ?"
- Ah. Moi j'préfère les autres jeux."

samedi 12 décembre 2009

Lever le nez du guidon (3)

Qu'ai-je fait aujourd'hui ? J'ai passé mon samedi à la bibli :-)

Matin :
Vérification de l'adéquation entre le planning de service public de la journée et le personnel présent. Tout le monde est là sauf une malade (ouf !). Comme dans la plupart des bibliothèques publiques, le samedi est notre plus grosse journée (surtout l'après-midi) ; c'est aussi le jour où l'équipe est la plus réduite - ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça en bibliothèque.
Café.
Plannings des deux semaines de vacances de Noël (petites semaines, puisque les bibs du réseau sont fermées les deux samedis). Les petites vacances scolaires sont souvent chargées en public et nous sommes à effectif réduit - même remarque que ci-dessus.
Survol de l'enquête du CREDOC, "La diffusion des technologies de l'information et de la communication dans la société française" (il faudra que j'y revienne).
Google Reader en pointillé.
Coup de tél. à Zhor Tazi, une conteuse qui doit venir raconter des histoires à la bibliothèque les après-midis pendant les vacances de Noël. Nous discutons une demi-heure pour régler les détails et nous mettre d'accord sur ce qu'elle va faire, comment, pourquoi.
Recherches internet sur Zhor Tazi pour préparer un billet de blog en amont de cette rencontre. Trouvé une vidéo sur Dailymotion (qualité moyenne), une biographie sur Lafemmebilboquet.net.
"Firefox a planté".
Soucis d'ascenseur en panne et divers autres petits tracas émaillent la matinée.

13 h - 14 h :
Agrégateur, réseaux sociaux.

Après-midi :
alternance cyberbase - bureau

Souci avec M., 14 ans, pénible, vraiment pas réglo, aucun respect de la moindre règle. Sa dernière petite blague (un classique) : boucher la cuvette des WC femmes avec des rouleaux de PQ, fermer à clé de l'intérieur, escalader le mur de communication avec le WC hommes et ressortir. L'ai pris entre quatre zieux pour une discussion ferme. Difficulté : ne pas s'agacer, accueillir, ne pas exclure, dialoguer toujours, expliquer, écouter. L'effet n'est pas toujours immédiat...

Comme ce matin, foultitude de petits tracas.

Lu le cahier des charges pour le nouveau SIGB. Au secours ! j'comprends pas tout !

Refait les grilles mensuelles de présence pour le 1er semestre 2010, un changement étant survenu dans les roulements des samedis.

17 h : entretien annuel d'évaluation avec un agent que je ne pouvais pas rencontrer à un autre moment.


Bon, la bibliothèque ferme dans 10 mn, le week-end commence. A mardi pour de nouvelles aventures !

vendredi 11 décembre 2009

Lever le nez du guidon (2)

Alors, qu'ai-je fait aujourd'hui ?

9 h à 10 h :
Messagerie.
Rapide billet de blog sur Le bibwebzine pour annoncer la présente série de billets.
Mise en ligne du billet que j'avais préparé hier pour le blog des bibliothécaires de la Bfm : Bibs sur un tapis volant. A la relecture, je le trouve un peu nunuche ;-((
Préparation réunion.
Pause café.

10 h - 11 h 45 :
Réunion de fonctionnement.

11 h 45 :
Communication téléphonique avec une prof de bac professionnel "Services de proximité et vie locale", en vue d'accueillir une élève en stage à la bibliothèque.

13 h - 14 h :
Veille Google Reader + Facebook (je garde généralement ces deux onglets ouverts et les consulte lorsque je peux). Incursion sur Farmville.

14 h - 16 h 30 :
Compte rendu de réunion.
Planning semaine prochaine - un vrai casse-tête, entre congés, malades, temps partiels, sorties anticipées et nécessités de service...
Petit tour sur Google Wave, que je n'ai toujours pas vraiment apprivoisé. Nous commençons à nous en servir à la place du wiki pour l'e-music box, tous les gens de l'équipe ouvrent petit à petit un compte - wait and see.

16 h 30 - 18 h 30 :
Service public à la cyberbase. Pendant ces deux heures d'ouverture en accès libre, j'ai le temps de revenir sur Google Reader, sur mon réseau social préféré, de préparer le présent billet - et même d'aller un peu sur Farmville.


Points forts de la journée : réunion intéressante avec une équipe réactive et à l'écoute ; diversité de tâches, mais pas d'impression d'une "journée-saucisson" ; grande autonomie dans l'organisation de mon temps.



P.S. : comme souvent, j'étais sur mon agrégateur préféré dès 6 h 30 ce matin ; activité mi-personnelle mi-professionnelle, je reviendrai sans doute sur cette question.

Lever le nez du guidon (1)

Je commence aujourd'hui une série de billets quotidiens, série qui devrait s'étaler sur au moins un mois, peut-être plus : "Lever le nez du guidon". J'éprouve le besoin d'analyser mon travail de bibliothécaire responsable d'une bibliothèque de quartier et membre de l'équipe de Direction. Ma mission est à la fois claire et un peu floue : je suis là pour assurer le bon fonctionnement de la bibliothèque ET pour participer aux réflexions et travaux en cours sur l'ensemble du réseau. En quoi consiste mon travail au quotidien ? Je compte lister le plus honnêtement possible les diverses tâches qui sont les miennes, le temps qu'occupe chacune, leur potentiel de stress et d'intérêt, avec comme objectif de les observer froidement et rationnellement afin de ne plus avoir la désagréable impression d'avoir toujours "le nez dans le guidon".

Je fais ce travail sur mon blog, donc publiquement, car je pense qu'il peut être utile à d'autres. Vos remarques et commentaires sont les bienvenus, j'en attends beaucoup pour aider à la réflexion.

Précisions :
- Je publierai les billets en fin de journée.
- Je ne ferai pas d'effort particulier de rédaction.
- Je ne m'engage pas à une (illusoire) totale transparence, mais juste à coller au réel pour pouvoir prendre de la distance.
- J'ai comme projet, à l'issue de cette série de billets, de faire une synthèse.
- Cadre professionnel (je précise pour ceux qui ne me connaissent pas) : bibliothèque de 1200 m2 ; sections adultes, jeunesse, discothèque-vidéothèque, cyberbase ; 26 heures d'ouverture hebdomadaires pour l'espace adultes, 19 h 30 pour les autres ; public très varié (seule catégorie non présente : les étudiants) ; contraintes fortes liées à l'architecture de l'établissement ; équipe de seize personnes avec un fort taux de temps partiels.

Voilà. Premier billet ce soir si tout va bien :-)

lundi 7 décembre 2009

Bouillon des bibliobsédés : goutez-moi ce nectar !


Vous le savez surement, le Bouillon est passé en mode collaboratif. Grâce à l’exceptionnel Étienne, nous avons un outil unique et gratuit permettant une veille collaborative décentralisée, sans changer les habitudes des veilleurs, à base d’agrégateurs et de fils rss !

Une vingtaine de veilleurs (merci à eux!) fait donc l’effort de trier tous les jours dans le foisonnement des informations liées à l’info-doc et au numérique (voir les thématiques et l’équipe des veilleurs).

Seulement voilà, c’est bien connu : trop d’info tue l’info, l’infobésité guette les bibliothécaires gourmands que vous êtes ! C’est pour ça que nous avons proposé conjointement à la version intégrale du Bouillon une version allégée logiquement nommée le NECTAR. Après quelques semaines de rodage, la formule nous semble très bien fonctionner !

Concrètement, le Nectar c’est les liens les plus partagés par l’équipe des veilleurs du Bouillon dans les 2 derniers jours. Pour chaque article, vous saurez qui l’a recommandé et vous pourrez cliquer sur son nom pour en savoir plus sur le veilleur.

Vous pouvez suivre le Nectar de 2 manières :

Fil rss

Courriel

Attention si vous êtes déjà abonnés au Bouillon par mail, vous devez vous en désabonner puis vous réabonner au Nectar par mail.

N’hésitez pas à combiner vos modes de veille, par exemple en prêtant un regard occasionnel et ponctuel au Bouillon intégral par twitter, (twitter est très bien pour çà, surtout avec un echofon sur firefox) ET une attention plus forte au Nectar! (normal c’est du concentré !

vendredi 27 novembre 2009

Des livres que les gens normaux peuvent pas lire

"Dans le salon où se trouvaient les têtes d'animaux et les oiseaux empaillés il y avait des centaines de livres, mais sans intérêt eux aussi - du moins les quelques-uns que j'avais eu envie d'ouvrir à cause de leur titre qui suggérait un peu de sexe, par exemple L'évolution et le désir, un bouquin totalement merdique dont je n'ai même pas pu finir la première page. Il y en avait un autre dont je me souviens, Au-delà du principe de plaisir, que j'avais cru être un manuel de technique sexuelle sauf qu'il n'y avait pas d'illustrations, et un autre, Finnegans Wake dont j'avais espéré que ce serait une histoire de meurtre avec une bonne intrigue et qui en fait était écrit dans une langue bizarre où on trouvait surtout des mots anglais mais qui était quand même une langue étrangère. Il y en avait tout un tas comme ça. Je ne sais pas pourquoi on écrit des livres que les gens normaux peuvent pas lire, parce que moi en tout cas je pouvais pas et j'ai toujours été assez fort en lecture."

Russell Banks, Sous le règne de Bone [Rule of the Bone] - Actes Sud, 1995. Traduit de l'américain par Pierre Furlan

jeudi 26 novembre 2009

Une formation CNFPT... et des biblioblogades limougeaudes

La délégation Limousin du Centre national de la Fonction publique territoriale (CNFPT) a eu la bonne idée de constituer, en concertation avec la Délégation régionale à l'Action culturelle (DRAC), un groupe de travail chargé de la mise en place et du bon déroulement des formations destinées au personnel des bibliothèques. Trois fois par an se réunissent ainsi les référents issus des bibliothèques municipales de Limoges, Brive et Guéret, des bibliothèques départementales de prêt (BDP) de la Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Creuse, Média Centre-Ouest, le Service commun de Documentation (SCD) de l'université de Limoges, l'Association limousine de Coopération pour le Livre (Alcol/CRL), l'Association des bibliothécaires de France (ABF). Nous faisons ensemble un bilan des actions écoulées, établissons le programme des actions à venir et nous répartissons le travail d'organisation.

En ce qui me concerne, je suis la correspondante pour la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges (Bfm). A ce titre, j'ai eu le plaisir de m'occuper du stage "Les sites web des bibliothèques : comment les faire évoluer pour les rendre plus vivants" qui s'est déroulé les 19 et 20 novembre à l'atelier multimédia de la Bfm centre ville. Une quinzaine de stagiaires y ont participé, autour des deux formateurs-biblioblogueurs émérites que sont Silvère Mercier (Bibliobsession 2.0) et Lionel Dujol (La bibliothèque apprivoisée). Ils proposent aujourd'hui sur leurs blogs respectifs un post commun de bilan de cette formation, un billet tout empreint d'esprit "web 2.0" puisqu'ils mettent à disposition le copieux slideshare réalisé pour l'occasion - 261 pages, mazette !

Dans le prolongement de ces deux journées, deux soirées biblioblogades (pensée émue pour LiberLibri, initiatrice des toutes premières biblioblogades voilà bientôt deux ans) ont permis de réunir la fine fleur de la biblioblogsphère limougeaude et biblioblogueurs apparentés. Se sont ainsi rassemblés autour de l'ambrée, la blanche et la grenadine :
Un monde de bibs,
Bibs sur un tapis volant,
Couv. ill. en coul.,
L'e-music box,
La box des bibs-docs effervescents,
La langue des papillons,
Risu, des noisettes de bibliothèque,
une bientôt biblioblogueuse,
et bien sûr Bibliobsession 2.0 et La bibliothèque apprivoisée.
Ne manquaient, je crois, que La petite bibliothécaire et quelques dignes représentants du Blog de l'atelier.

Une bien bonne formation et de bien belles bibliogades en province, comme dirait un célèbre présentateur de JT de 13 heures !

vendredi 6 novembre 2009

Questions

"Madame, est-ce que vous avez un livre avec des questions ?
- ... ??? ... des questions ? Quoi comme questions ? Des questions comment ?
- Des questions sur tout. Sur la vie. Avec les réponses.
- ... [fouiller dans les 500. Ou plutôt côté philo ?] Tu cherches un livre qui parle des grandes questions qu'on se pose parfois quand on aimerait en savoir plus ?
- Oui, avec des fiches pour les réponses. C'est pour l'école.
- Tu es en quelle classe ?
- En 5ème.
- Ecoute, on ferme dans deux minutes. Tu reviens demain ?"

mercredi 4 novembre 2009

samedi 17 octobre 2009

Conjuguer accueil du public et politiques d'ouverture des bibliothèques (3/3)

Journée d'étude ABF Poitou-Charentes-Limousin
8 octobre 2009 à l'IUFM de Limoges

Table ronde :
comment bâtir une politique d'ouverture :
pour qui ? Comment ? Avec quel personnel ?



Participants :
- Georges Perrin, inspecteur général des bibliothèques
- Anne-Marie Bernard, représente Albert Poirot, président de l'ADBU
- Karine Gloanec-Maurin, présidente de la Fédération nationale des Collectivités territoriales
pour la Culture, maire-adjoint de Saint-Agil
- Virginie Ancelin, représentante syndicale CGT-territoriaux de Limoges
- Pierre-Jean Pujol, conservateur à la bibliothèque de Toulouse



Georges Perrin -
Débat très ancien, relancé avec la baisse des prêts et les changements de pratiques.
Rapport en avril 2008 : "Améliorer l'accueil dans les bibliothèques - propositions pour une extension
des horaires d'ouverture", né d'une autre étude réalisée en 2007 :
"L'emploi des étudiants dans les bibliothèques de l'enseignement supérieur"

Constat : 19 h 30 d'ouverture en moyenne pour les bibliothèques municipales françaises
Comparaison avec bibliothèques étrangères : Tampere 72 h, Turin 67 h, Valence 57 h 30. Lyon : 40 h
BU : près de 60 h moyenne nationale, avec pour certaines des pointes jusqu'à 80 h,
mais fermeture une partie de l'année parce que l'université ferme ses campus. Or, lorsqu'une BU est ouverte en août,
elle est fréquentée (ex : Bruxelles)

Que faire ? Tout d'abord analyser les raisons
En BM, problème de l'équilibre travail interne / ouverture au public.
Ex Rennes (organisation en pôles thématiques) : pas de mutualisation des tâches techniques.
Faut-il envisager une externalisation des questions techniques, une rationalisation,
une organisation plus transversale ?
Comment renouer le contact avec le public, qui doit trouver une bibliothèque ouverte
avec des fonds documentaires, des ordinateurs ?
Pour trouver des solutions, le soutien des élus est indispensable.
Marche à suivre : toutes les équipes s'y mettent et font des propositions ;
on consulte les représentants syndicaux ; on se lance et on ajuste.

A noter : il n'y a pas forcément plus de personnel dans les bibliothèques largement ouvertes,
mais l'organisation interne est différente.

Pourquoi les BM n'ouvrent-elles pas les matins ??? « Il n'y a personne » : il faut essayer
pour savoir s'il y aurait du public.
Penser à une modulation des services.
Travail dans l'expérimental en assurant ses arrières.

En Angleterre une université a une BU ouverte 24 h / 24

Les deux ministères se sont mis d'accord pour fournir un effort conjoint en apportant des crédits aux BU.
Côté culture : crédits importants pour susciter une réflexion autour du travail du dimanche
(des communes de la région parisienne se sont portées candidates) avec des contrats étudiants.

En 2007, les BU employaient 3500 personnes sous contrat, les BM 3900.
Proposition d'un contrat type pour étudiants, en BU comme en BM.



Philippe Pineau -
Beaucoup d'étudiants sont obligés de travailler, il est important qu'ils puissent
fréquenter les BU le samedi et le dimanche.



Anne-Marie Bernard -
Complémentarité entre les publics de BU et de BM.
Les BU aujourd'hui voient leurs usages évoluer considérablement.
Enseignants-chercheurs et étudiants n'ont pas les mêmes niveaux d'attente.
Evolution majeure : la fréquentation.
Dans les domaines SVT et santé, la demande est considérable (80 h par semaine et les étudiants demandent plus) :
il pourrait y avoir du public toute la nuit.

Relative paupérisation des étudiants, libres le soir ou à des moments décalés :
tendance croissante, très visible depuis 2 ans.
Stagnation voire baisse des prêts.
Hausse exponentielle de la consultation de ressources en ligne (évolution dans les usages)

Question prioritaire : réfléchir à une politique de sites entre BM et BU
(complémentarité à envisager au niveau des fonds documentaires et des horaires d'ouverture).

Nécessité de faire évoluer les pratiques professionnelles.
Importance de la médiation pour l'utilisation des bases documentaires.
Nécessité d'accompagner le personnel dans ces évolutions, pour acquérir ces nouveaux savoir-faire.
Transition par la formation.
Les BU sont aussi des lieux de vie.
Nécessité d'inventer des modes de gestion différents (moniteurs étudiants formés).
Aujourd'hui les étudiants sont plus autonomes (wifi, ressources électroniques), ils ont avant tout besoin
de places assises pour travailler.

Chance à saisir dans le cadre de l'autonomie des universités.
Opportunités dans le cadre du plan campus et du côté des Conseils régionaux.
Intérêt d'une concertation avec les bibliothèques territoriales.



Pierre-Jean Pujol -

Particularités propres à Toulouse :
- Médiathèque ouverte en 2004 (auparavant, 1 bibliothèque d'étude + des bibliothèques de quartiers).
L'une des dernières construites dans le cadre du programme BMVR.
Souhait de principe des élus : que l'équipement, cher, bénéficie aux Toulousains.
Personnel recruté ad hoc (100) et volontaire pour travailler le dimanche.
Adhésion du personnel.
Mais grève à l'ouverture (intégration des personnels vacataires).

- Travail du dimanche intégré dans les 35 heures. Compensation : 1,66
45 h d'ouverture hebdomadaires.
Des vacataires étudiants interviennent le week-end, mais fort taux de présence des titulaires.
Temps fort de l'animation culturelle le week end.

- Situation actuelle de blocage : on a accepté ça, on ne donne rien d'autre.
Fermeture à 19 h, 18 h 15 le dimanche en mettant les gens dehors.
Système conçu sur 45 heures d'ouverture, très difficile à faire bouger.
Il faut prouver que les bibliothèques sont un enjeu politique important,
refonder une politique de lecture publique en accord avec les élus.
Audit en cours (projet d'établissement pour les 5 années à venir)



Philippe Pineau -

Le dimanche n'est pas un jour comme les autres. Positions syndicales variées.



Virginie Ancelin -
Au sein de la CGT, un groupe travaille sur les questions de la culture.
Débats ces derniers mois sur biblio.fr
Position officielle nationale des bibliothécaires sur le travail du dimanche
(communiqué à consulter ici).
Nous sommes en pleine mutation de la société et la question du travail du dimanche est devenue très idéologique.

La CGT est opposée à la généralisation de l'ouverture du dimanche en bibliothèque,
car d'autres solutions sont possibles pour qu'elles s'adaptent aux besoins des usagers.

Quant aux étudiants, ils doivent pouvoir étudier avec des moyens adéquats
et n'ont pas à devenir moniteurs en BU ou BM.

Lorsqu'il existe une bonne négociation avec les élus lors d'une réflexion sur l'élargissement des horaires,
tout se passe bien.

D'autres solutions existent, compte tenu de la mutation complète des pratiques
nouvelles technologies, dématérialisation des documents).
On peut se demander si l'élargissement des horaires est vraiment pertinent.



Georges Perrin -

Effectivement, l'extension des horaires n'est pas la seule solution.
Effectivement, les étudiants doivent avant tout étudier.
Toutefois, il faut tenir compte du réel (cf Observatoire de la vie étudiante, CEREQ
sur le passage de la vie étudiante au travail).
51 % des étudiants travaillent en France (plus de la moitié dans les services à la personne,
8 % dans le commerce, 1 % en bibliothèque), 80 % aux Pays-Bas.
Avoir été vacataire en bibliothèque est très valorisant sur un CV.
D'autre part, les étudiants sont une bonne interface avec les autres étudiants.
Tout le monde y trouve son intérêt. Il reste une marge de manoeuvre en bibliothèque.
Contrats étudiants : maximum 15 h par semaine.
Enfin, en raison des problèmes de logement, ils sont très présents en bibliothèque.



DEBAT AVEC LA SALLE -

Nécessité d'un équilibre vacataires / titulaires.


A Toulouse, les emplois strictement étudiants sont renouvelés par moitié chaque année.
Ils interviennent aussi l'été. Le vacataire n'est pas amené à rester, mais peut être guidé.
A Bordeaux, contrats avec les étudiants métiers du livre.
Importance de la formation des moniteurs, car on attend d'eux un haut niveau de technicité.
Moins de personnels en BU qu'en BM. Les missions sont différentes.
Les BU ne privilégient pas certains supports (BD, DVD)


Les évolutions en bibliothèque sont toujours lentes.


Les étudiants envahissent les BM le samedi, y compris dans les petites communes relevant du réseau BDP.
Evolutions sociales : les néo-ruraux souhaitent trouver une offre de bibliothèque adaptée.
Quelles pistes pour les petites collectivités, qui cumulent les handicaps :
peu de personnel, peu de moyens,... ?



Il n'existe pas encore d'étude sur cette question.
Piste : mutualisation, complémentarité.
A Troyes : accord BM/BU, la BU paie des vacataires à la BM.


Il faudrait poser la question des contractuels plutôt que des étudiants, titulariser les précaires
plutôt que précariser encore plus.


La titularisation des contractuels en poste n'a pas d'effet sur les horaires d'ouverture.


Problème des emplois à temps non complet. Est-il pertinent d'utiliser les étudiants ?
Problème des moyens : il faut des équipes plus grandes.


L'extension des heures ne suppose pas nécessairement une augmentation des postes.
Les vacataires sont là seulement pour accueillir le public.
Ce serait pire d'avoir des contrats à temps partiel.


Il existe d'autres solutions que l'ouverture du dimanche pour faire revenir les gens en bibliothèque.
On parle de chiffres auxquels on peut faire dire tout et le contraire, peu de la qualité de l'accueil du public.
Pourquoi ouvrir le dimanche ? Est-ce que cela va résoudre tous les problèmes ?


On compare des bibliothèques aux caractéristiques très différentes.
L'ouverture du dimanche a-t-elle vraiment permis d'amener de nouveaux publics ?


Le public du dimanche est différent. Les étudiants sont un moyen.
Pourquoi existe-t-il un tel écart entre bibliothèques françaises et étrangères ?
Etendre les horaires sans apporter de nouveaux contenus, ce n'est pas forcément idéal.


Qu'est-ce qu'on donne au public ? Trop de bibsliothèques n'apportent pas encore le service minimum.


D'autres volets mériteraient d'être étudiés : quels services, quelle organisation ?



mercredi 14 octobre 2009

Conjuguer accueil du public et politiques d'ouverture des bibliothèques (2/3)

Journée d'étude ABF Poitou-Charentes-Limousin

8 octobre 2009 à l'I.U.F.M. de Limoges


Organisation des services au public à Drancy :

pratiques d'hier à aujourd'hui

ophelie.ramonatxo@drancy.fr


Présentation (cliquer ici pour accéder au site du réseau des bibliothèques de Drancy) :

Sept médiathèques. La médiathèque centrale (construite en 2005 et située à 10 mn en RER de la BPI) est ouverte 7 jours sur 7

Communauté de communes de l'aéroport du Bourget / Drancy - Le Bourget - Dugny (proche banlieue parisienne). Bassin de population de 90 000 habitants.


Drancy a toujours fonctionné en réseau.

Objectif des élus : que Drancy devienne célèbre pour autre chose que son camp de concentration.

Jusqu'en 2007 : bon maillage mais petits équipements dans des lieux non conçus pour cet usage, y compris la centrale (50 000 documents dans 600 m2). Aucun désherbage n'avait été fait pendant 50 ans, il y avait des réserves sauvages à divers endroits.

Aujourd'hui : établissement tout vitré (4 000 m2) à la frontière Drancy – Le Bourget.



Espace totalement décloisonné : plus grand mélange des publics, besoin de moins de personnel pour ouvrir

Inauguration simultanée de deux bibliothèques de quartier en même temps que la nouvelle médiathèque


Commande politique :
- ouvrir le dimanche (commande du nouveau maire, sur le modèle d'Issy-les-Moulineaux)
- occuper les jeunes
- ouvrir le lundi pour toucher des publics différents (personnes âgées, commerçants)
- « ouvrir plus pour gagner plus... de public » : 17 h en 2001 (10 h pour la section jeunesse), 26 h en 2003 avec harmonisation adultes / jeunesse, 31 h en 2004.
- ouvrir plus tard le soir (finalement, juste 1/2 heure de plus, jusqu'à 19 h, ce qui permet un passage rapide d'actifs sortant du travail). Expérience d'une soirée poker jusqu'à 23 h : gros succès.


Organisation actuelle :
- 60 agents, dont 35 à la centrale
- 41 heures d'ouverture sur 7 jours (souhait initial des élus : 60 heures)
- journée continue le mercredi et le samedi
- l'idée d'ouvrir les matins en semaine a été abandonnée
- fermeture le dimanche en juillet et août, ainsi que les dimanches collés à un jour férié
- pour le personnel : 4 dimanches travaillés par an, heures récupérées doubles (différent d'Issy-les-Moulineaux, où le dimanche est un jour banalisé) ; un jour sur deux on finit tard (19 h 15), un jour sur deux on finit tôt
- ouverture du dimanche : 5 titulaires présents (4 postes de travail + 1 bibliothécaire mobile) et 7 vacataires de nivdeau bac à bac +2

Un arrangement a été trouvé avec les équipes après un travail collectif : chacun a pu proposer un scénario. Les syndicats ont été consultés sur la fin (les équipes n'étant quasiment pas syndiquées), à la demande de la Direction.


Conséquences :
- 15 % d'inscrits sur les 3 villes (6 % en 2002)

- entrées : 45 000 en 2003, 200 000 en 2008 (ensemble du réseau) sans énorme campagne de communication. Les élus n'ont pas pris conscience tout de suite de l'importance du dimanche

- prêts par jour : en 2006 le plus petit jour était le lundi, le plus gros le samedi. Puis le jeudi est devenu le jour pauvre, le dimanche le plus gros en prêts et le samedi a explosé

- plus gros jour le mercredi, suivi du samedi et du dimanche

- le dimanche après-midi concurrence un samedi complet, l'activité du lundi dépasse celle d'un jeudi ou d'un vendredi. Certains usagers sont propres au dimanche, mais on assiste aussi à un report d'activité depuis les autres jours. Pas d'animations spécifiques.


- publics spécifiques le dimanche (beaucoup de fréquentation familiale) et entre 12 h et 14 h

- organisation interne : le travail du dimanche est bien accepté, voire très (trop) demandé par les agents ; rythme de travail régulier, mais à flux tendu



QUESTIONS ET DISCUSSION AVEC LA SALLE :

Nouveaux publics ?

Il faudrait une analyse fine. Le public du dimanche est proche de celui du samedi. Importance du travail avec les partenaires locaux pour élargir la sociologie des publics. Mais la première condition, c'est d'être ouvert si on veut "conquérir de nouveaux publics"


Gratuité ?

Oui (inscription, prêts tous supports, 40 ordinateurs en libre accès) y compris pour les gens extérieurs à la communauté de communes. Sur le point de passer au prêt illimité pour les documents imprimés. Un sac donné à chaque inscription. Carte payante si elle est perdue 2 fois.


Annexes ouvertes 25 heures par semaine, en horaires complémentaires. Elles pourraient devenir pionnières en matière d'innovation (jusqu'à présent c'était la centrale)

Communauté de communes : émulation entre les municipalités pour être à la pointe de l'évaluation


Etudiants : collaboration de courte durée. Travaillent 4 heures le dimanche et tournent sur les samedis (7 heures)


jeudi 8 octobre 2009

Conjuguer accueil du public et politiques d'ouverture des bibliothèques (1/3)

Journée d'étude ABF Poitou-Charentes-Limousin

8 octobre 2009 à l'IUFM de Limoges


Quelques notes prises au vol, en trois parties :

  1. La conquête de nouveaux publics passe-t-elle par de nouveaux horaires d'ouverture ?

  2. Organisation des services au public à Drancy : pratiques d'hier à aujourd'hui (cliquer ici)

  3. Table ronde : Comment bâtir une politique d'ouverture ? Pour qui ? Comment ? Avec quel personnel ?



La Library 10 à Helsinki


La conquête de nouveaux publics passe-t-elle

par de nouveaux horaires d'ouverture ?

Françoise Gaudet (conservateur à la BPI, service études et recherche)


Entre 2005 et 2007, la situation n'a quasiment pas évolué : 19 h 57 d'ouverture hebdomadaire pour les bibliothèques municipales françaises. Les exemples étrangers, que ce soit dans les pays anglo-saxons, nordiques ou méditerranéens montrent que nous ne sommes pas bons. Il faut toutefois souligner qu'il existe des querelles de chiffres)

Rappel : l'enquête CREDOC a bien montré que les bibliothèques publiques peinent à attirer certaines catégories de la population (ouvriers) ; la courbe des inscrits monte avec la courbe de revenus.

Vaut-il mieux chercher à augmenter la fréquentation ou diversifier les publics ?

La BPI est ouverte à tous, mais est majoritairement fréquentée par des étudiants.

Pourquoi la majorité des Français viennent-ils si peu en bibliothèque, alors qu'ils trouvent majoritairement que c'est bien ?

Cf. enquête CREDOC + travail de Bruno Maresca « Les bibliothèques municipales en France après le tournant internet » :

- manque de temps (toutes catégories confondues) : le rapport au temps a changé

- manque d'habitude (pour les non usagers) – réponse tautologique et grave : conviction que c'est un bon endroit, mais pour les autres.
- méconnaissance profonde de ce qu'est la bibliothèque aujourd'hui, problème de communication, question de l'accessibilité (horaires d'ouverture, surtout mis en avant par les usagers)
- comment garder le public présent tout en attirant un public fragile ?
- problème des horaires compliqués, dissuasifs
- bibliothèques fermées au moment où les gens sont disponibles. A noter : beaucoup de bibliothécaires ne pourraient pas fréquenter une bibliothèque en raison des horaires d'ouverture...

A la BPI (pas de prêts, pas d'inscription), un tiers des actifs viennent après 18 h.

Les pratiques changent : fort développement de la lecture sur place (14 % d'usagers non inscrits en 2005, contre 7% en 1997).

Ces changements ont des répercussions sur d'autres indicateurs :

- les visites sont plus occasionnelles (20 % des non inscrits viennent « régulièrement » contre 60 % des inscrits)

- les usagers viennent moins souvent, mais restent plus longtemps (hausse des visites de plus d'1 heure). A la BPI, le nombre d'entrées baisse depuis 2002, mais elle reste toujours pleine (les files d'attente ne sont pas une légende).

Augmentation de l'offre : multimédia, animations,... On s'attarde, on flâne à la bibliothèque, on y travaille sur place.

Depuis l'arrivée d'internet, on assiste à un profond changement dans les modes de recherche d'informations : par exemple, pour aider les enfants dans leurs études, 50 % des personnes interrogées dans l'enquête du CREDOC disent utiliser internet, 20 % la bibliothèque. On ne va plus en bibliothèque pour consulter une encyclopédie.

L'emprunt de livres reste majoritaire chez les inscrits. Augmentation du travail sur place, y compris avec ses propres documents.


La BPI, un cas d'école :

- bibliothèque nationale, en plein centre de Paris

- horaires d'ouverture très larges, y compris le dimanche (file d'attente moyenne de 1 h 07, 16 mn en semaine, 24 mn le samedi).
- pas les mêmes usagers le dimanche et en semaine
- moins d'entrées le dimanche, mais visites plus longues (5 000 visiteurs en moyenne pour une durée de 4 h 23 le dimanche, plus de 6 000 le lundi pour 3 h 10)
- profil différent : plus de jeunes, d'étudiants (82 % le dimanche), qui fréquentent d'autres bibliothèques en semaine, beaucoup de visites en groupes même si le travail est individuel
- ouverture du soir : à 13 h, les étudiants représentent 82 % des visiteurs, alors qu'à 21 h les non étudiants représentent 50 % du public
- un groupe travaille actuellement sur un éventuel élargissement des horaires pour attirer plus d'actifs (auto-formation par ex)
- à l'occasion de la « Nuit blanche », la BPI reste ouverte jusqu'à 2 h du matin : gros succès
- 44% des retraités déclarent qu'ils viendraient après 22 h : la demande existe.


QUESTIONS DES PARTICIPANTS

* Y a-t-il une section jeunesse à la BPI ?

Non, elle a été supprimée car elle attirait seulement les jeunes du quartier). L'accueil de ce public relève de la Ville de Paris. Toutefois, les enfants accompagnés peuvent venir à la BPI.



* Arrive-t-il que la BPI accueille des adultes donnant des cours particuliers à des lycéens ?

Non. A la BPI, les lycéens viennent souvent en groupe et se partagent les tâches. Une étude est en cours sur les usages du portable.


* Lorsqu'une bibliothèque modifie ses horaires d'ouverture, combien de temps faut-il avant de voir un changement dans la fréquentation ?

A Drancy (gros équipement ouvert 7 jours sur 7), après 2 ans la modification des habitudes est très sensible. Tout dépend de la communication. Une augmentation significative produit des résultats significatifs (à condition que les horaires soient adaptés). Question importante de l'organisation personnelle du temps. Nécessité d'enquêtes en amont. Il existe un « Bureau du Temps » à la Ville de Paris.


* Un groupe de travail vient de se mettre en place à la BPI en vue d'une réflexion concertée avec les bibliothèques municipales, la BnF et les BU. Des contacts ont été pris, la question est en cours de « débroussaillage ».


*Les étudiants ont-ils des problèmes pour fréquenter leur propre BU ?

Des enquêtes ont montré que ce qu'ils apprécient, c'est l'accessibilité (horaires d'ouverture) de la BPI, qui vient en complément de leur BU et de leur BM. Les étudiants sont majoritairement multi-fréquentants.


* Problème des enquêtes : on interroge les usagers et ils sont peu critiques.Parfois peu d'intérêt de la population pour les enquêtes sur la bibliothèque, avec des taux de réponses décevants. Il ne suffit pas de poser une question dans le bulletin municipal.


La bibliothèque de Tampere (Finlande)


mercredi 30 septembre 2009

Touché

Ramdane (12 ans) :
"Je viens presque plus à la bibliothèque parce que maintenant j'ai un ordinateur à la maison, alors la bibliothèque ça sert à rien".

lundi 28 septembre 2009

E-veilleurs bibliobsédés

Bouillon 2.0 Vous connaissez peut-être le Bouillon du Bibliobsédé, veille partagée en information-documentation proposées par Silvère Mercier, auteur du blog Bibliobsession


Cette veille devient à partir d'aujourd'hui collaborative, et j'y participe !


Voici une présentation de ce nouveau service :

Le Bouillon est cuisiné pour contribuer à l'information et la formation de tous ceux qui s'intéressent au métiers de l'information-documentation, souhaitent en suivre les évolutions et mieux comprendre les mutations engendrées par le numérique.


Le Bouillon c'est une vingtaine de veilleurs attentifs à diffuser des articles de qualité, pour vous, en cohérence avec une ligne éditoriale de partage prédéterminé.



Le Bouillon est un concept, ce n'est pas un site, mais un service, un flux, une conversation.


Le Bouillon est gratuit et proposé dans un but non commercial, il repose sur la libre volonté des participants.



Vous trouverez toutes les informations sur les participants dans la carte heuristique du Bouillon, proposée ci-dessous, ou sur le Billet de Bibliobsession :

ScreenShot007








samedi 26 septembre 2009

Les hybrides lancent le bibliolab !

[billet publié simultanément sur les blogs des membres du groupe bibliothèques Hybrides de l'ABF]

Le Bibliolab, c'est l'histoire de quelques crapauds fous qui ont suivi un fil RSS...

Issue d'une idée de Xavier Galaup, le Bibliolab est une plateforme en ligne qui a pour objectif d'offrir un espace de ressources et d'expérimentations pour les bibliothécaires souhaitant découvrir le Web 2.0 et ses applications. Le 26 septembre, à l'occasion du Bookcamp, les membres du groupe Bibliothèques hybrides de l'ABF présenteront cette plateforme.



Le Bibliolab est conçu pour vous permettre de :




  • Vous former grâce à de nombreux tutoriels sur des outils tels que les blogs, les agrégateurs et bien d'autres,

  • Expérimenter grâce aux plateformes de tests qui vous sont réservées sur le site : vous pourrez créer votre blog et poster vos premiers billets. Vous pourrez aussi utiliser un agrégateur et découvrir les possibilités offertes par les flux RSS.


Le Bibliolab met aussi en avant différentes ressources liées au groupe Bibliothèques Hybrides et à ses membres telles que :

  • Calendoc, agenda collaboratif des professionnels de l’information-documentation

  • Le blog du congrès ABF

  • Les articles de la rubrique Le Billet des Hybrides dans la revue de Médiathèque(s) de l’ABF



Alors rendez-vous au Bookcamp ou sur bibliolab.fr. Et soyez nombreux à créer des blogs et des agrégateurs !

vendredi 18 septembre 2009

Proximité (1)

"Madame, si ma cousine arrive, vous pouvez lui dire de me rejoindre à la cyberbase ?"

"Madame, vous les avez vus, les autres ?"

"Madame, ma voisine vous a bien ramené mes livres ?"

"Madame, un majeur de 15 ans, ça peut aller pour signer la feuille d'inscription de mon cousin ?"

"Madame, je peux garer mon vélo dans la bibliothèque ?"

"Madame, ils servent à quoi, tous ces livres dans la bibliothèque ? C'est quoi comme livres ? Des romans ?"

"Madame, je voulais des jeux de fille et y'a marqué quelque chose que je comprends pas [forbidden by proxy]"

Un monsieur âgé à un jeune : "P'tit con !". Le jeune : "Eh, vas-y, Jean-Luc, fais pas iech !". A la bibliothécaire : "C'est pas moi, c'est lui, le vieux, il m'a traité !"

"Trouvez-moi un beau roman d'amour. Pas historique. Avec une femme de 40 ans. Du vécu, vous voyez ?"

"Madame, elle fait trop de bruit, votre collègue !"

"Et vous qui lisez beaucoup, vous aimez Marc Lévy ?"

"Madame, vous pourriez m'aider à corriger les fautes ?"

"Madame, vous pourriez me garder mon paquet de chips ?"

"J'ai perdu ma carte et je l'ai bien cherchée et je l'ai pas trouvée."

"Madame, vous êtes payée pour travailler ici ?"

mercredi 16 septembre 2009

En travaux

Le bibwebzine est en chantier de rénovation et risque d'être perturbé pendant quelques jours

dimanche 13 septembre 2009

Lois

"A l'époque, la bibliothèque de son école, dont Yuna connaissait presque par coeur le contenu, possédait deux livres dont le titre comportait l'idéogramme utilisé pour loi. Le premier livre était Saddharma Pundarika, Le lotus de la bonne loi, une traduction du sanscrit. Le titre original du second livre était, ainsi qu'on pouvait le lire imprimé en caractères ornementés sur la première page : De l'esprit des lois. Jusqu'à la fin, ce titre devait demeurer pour l'écolière une énigme inspirant la crainte. Le nom de Montesquieu avait beau être séduisant, jamais Yuna, redoutant ce qui liait entre eux ces deux mots, esprit et loi, ne feuilleta plus avant ce livre."

Yoko Tawada, Le voyage à Bordeaux (Verdier, Coll. "Der Doppelgänger", 2009). Traduit de l'allemand (Japon) par Bernard Banoun

mercredi 9 septembre 2009

Des visages, des figures, à la Bfm de Limoges

Le quartier de La Bastide, zone HLM située au nord de Limoges, est en cours de rénovation : les deux plus hautes barres d'immeubles, datant de la fin des années 50 et qui présentaient à l'époque toutes les caractéristiques du confort moderne, seront prochainement démolies pour faire place à des habitations plus adaptées aux besoins du début du XXIème siècle. Pour certains habitants de ce quartier, la disparition programmée de ces tours engendre une nostalgie certaine, celle d'un vivre ensemble, entre voisins, en famille, entre amis, dans des communautés crées et recrées au quotidien.

Vincent Scrive a réalisé une série de 120 portraits extrêmement émouvants de gens vivant là, depuis l'origine ou plus récemment, photographiés chez eux, dans leurs meubles et entourés de leurs objets. Une porte ouverte sur une série de visages dignes, graves et beaux.

L'exposition est à voir dans le hall de la bibliothèque francophone multimédia de Limoges (Bfm centre ville) jusqu'au 17 octobre. Quelques images :








mardi 1 septembre 2009

J-15 pour votre Top 10

L’e-music box est un jukebox virtuel propulsé par la Bfm de Limoges. Il est dédié à la création musicale (sous toutes ses formes) en Limousin. Il propose à l'écoute près de 200 artistes et permet de suivre leur actualité.

Motivée par l’envie d’aller plus loin dans la promotion musicale locale, l'équipe de l’e-music box a décidé de sortir, en fin d'année, une compilation CD, qui sera largement distribuée sur un modèle inspiré du bookcrossing. Le choix des heureux élus sera fait par les internautes, qui sont d'ores et déjà invités à voter.

Vous avez jusqu’au 15 septembre pour établir votre Top 10 de l’e-music box. Chaque artiste choisi reçoit un point. Les groupes/musiciens les mieux classés seront retenus pour la compilation.

lundi 17 août 2009

Enfant lisant

"On reçoit un livre de la bibliothèque scolaire. Distribution d'office dans les petites classes. De temps en temps seulement on ose exprimer un voeu. On voit souvent avec envie des livres désirés aller dans d'autres mains. Finalement on recevait le sien. On était totalement livré pendant une semaine à la vie du texte qui vous enveloppait de façon douce et secrète, dense et incessante, comme des flocons de neige. On y entrait dans une confiance infinie. Silence du livre, silence qui séduisait sans fin. Le contenu du livre n'était pas bien important. Car ces lectures appartiennent à une époque où l'on inventait encore soi-même des histoires au lit. L'enfant flaire leurs traces à demi couvertes de neige. Il se bouche les oreilles en lisant ; son livre est posé sur la table bien trop haute, et une main est toujours posée sur une page. Il doit encore déchiffrer les aventures du héros dans le tourbillon des lettres, comme une image et un message dans l'agitation des flocons. Il respire le vent des événements et tous les personnages lui soufflent au visage. L'enfant est plus étroitement mêlé aux personnages que l'adulte. Il est indiciblement ému par l'aventure et par les paroles échangées et, lorsqu'il se relève, il est tout entier recouvert par la neige de ses lectures."

Walter Benjamin, Sens unique (Maurice Nadeau, 1988). Traduit de l'allemand par Jean Lacoste

samedi 18 juillet 2009

La Baule, bibliothèque


(les barreaux, c'est pour retenir le public captif ?)

vendredi 26 juin 2009

La vraie vie

"La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c'est la littérature. Cette vie qui, en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l'artiste. Mais ils ne la voient pas, parce qu'ils ne cherchent pas à l'éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré d'innombrables clichés qui restent inutiles parce que l'intelligence ne les a pas "développés". Notre vie ; et aussi la vie des autres ; car le style pour l'écrivain aussi bien que la couleur pour le peintre est une question non de technique mais de vision. Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens directs et conscients, de la différence qualitative qu'il y a dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui, s'il n'y avait pas l'art, resterait le secret éternel de chacun. Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu'il peut y avoir dans la lune. Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et autant qu'il y a d'artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l'infini et, bien des siècles après qu'est éteint le foyer dont il émanait, qu'il s'appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient encore leur rayon spécial.

Ce travail de l'artiste, de chercher à apercevoir sous de la matière, sous de l'expérience, sous des mots quelque chose de différent, c'est exactement le travail inverse de celui qui, à chaque minute, quand nous vivons détourné de nous-même, l'amour-propre, la passion, l'intelligence, et l'habitude aussi accomplissent en nous, quand elles amassent au-dessus de nos impressions vraies, pour nous les cacher entièrement, les nomenclatures, les buts pratiques que nous appelons faussement la vie. En somme, cet art si compliqué est justement le seul art vivant. Seul il exprime pour les autres et nous fait voir à nous-même notre propre vie, cette vie qui ne peut pas s'"observer", dont les apparences qu'on observe ont besoin d'être traduites et souvent lues à rebours et péniblement déchiffrées. Ce travail qu'avaient fait notre amour-propre, notre passion, notre esprit d'imitation, notre intelligence abstraite, nos habitudes, c'est ce travail que l'art défera, c'est la marche en sens contraire, le retour aux profondeurs où ce qui a existé réellement gît inconnu de nous, qu'il nous fera suivre."


Marcel Proust, Le temps retrouvé in A la recherche du temps perdu T. 4 (Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade", 1989)

mercredi 10 juin 2009

Tout tout tout sur les hybrides au congrès de l'ABF

(Je n'y serai pas, mais je relaie bien volontiers l'info)


Juste un petit billet pour annoncer que le groupe bibliothèques hybrides de l'ABF sera sur le stand de l'ABF au Congrès annuel qui se tiendra à Paris du 11 au 14 Juin
(stand A2).

Au programme : démonstrations, explications et rencontres avec les membres du groupe qui seront sur le stand. Nous nous chargerons également de faire des comptes rendus d'ateliers et de conférences sur le blog du Congrès, notamment par la diffusion des supports des intervenants. Nous alimenterons également un Twitter que vous pouvez suivre ici et retrouver dans la colonne de droite du blog du Congrès.

A l'heure où l'on s'interroge que les outils de partage en information documentation, nous aurons le plaisir de faire des démonstration du futur Bibliolab pour les congressistes qui passeront sur le stand. Pour les autres, le lancement officiel est prévu en Septembre prochain, probablement à l'occasion du Bookcamp. Histoire de vous mettre l'eau à la bouche voici ce dont il s'agit :

Issu d'une idée de Xavier Galaup, le Bibliolab est une plateforme animée par le groupe Bibliothèques Hybrides et qui constituera une partie du nouveau portail ABF. Il est consacré au numérique, aux TIC et s'articule autour de 3 objectifs :




  • Informer : grâce à des articles sur différentes thématiques

  • Former : grâce à la mise à disposition de tutoriels sur les applications proposées sur le Bibliolab mais aussi sur d'autres services

  • Expérimenter : grâce aux applications proposées sur le Bibliolab :

    • Se créer et utiliser un blog

    • Se créer et utiliser un agrégateur




Le Bibliolab mettra aussi en avant différentes ressources liées au groupe Bibliothèques Hybrides et à ses membres telles que :


Alors rendez-vous au congrès ou sur son blog bande de bibliothécaires !